Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, à Paris le 30 août 2013.
Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, à Paris le 30 août 2013. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Avis de tempête rue de Grenelle alors que débute ce mardi une semaine de grèves, blocages et manifestations dans l’Education nationale. En ligne de mire: la réforme des rythmes scolaires et plus précisément la mise en place d’activités périscolaires en marge de la semaine à 4,5 jours destinée à mieux repartir les cours pour lutter contre le décrochage.

Parents et professionnels en colère

Cette réforme phare expérimentée depuis septembre 2013 dans 17% des communes scolarisant 22% des écoliers du public doit officiellement être généralisée en septembre 2014. Mais quatre mois et demi après son application, elle est toujours sous le feu des critiques, aussi bien des professionnels que des parents d’élèves, qui pour certains demandent son abandon pur et simple.

Mardi, un premier mouvement concernera ainsi les agents municipaux à Paris à l'appel des syndicats CGT et Unsa. Objectif: obtenir «les moyens adaptés» à l'exercice de leur métier. La cantine et les activités périscolaires pourraient être «fortement perturbées», prévient la ville, avec une suspension dans 520 écoles.

Mercredi, des collectifs de parents contestant la réforme appellent sur Facebook à ne pas mettre les enfants à l'école et à bloquer les établissements, tandis que certaines sections départementales du SNUipp-FSU appellent à la grève pour réclamer un assouplissement du décret sur les rythmes ainsi qu’une table ronde avec tous les acteurs pour résoudre les difficultés.

Enfin, jeudi la contestation devrait atteindre son apogée: d'autres sections du SNUipp-FSU appellent à la grève, dont Paris avec FO, Sud et CNT. Cette grève sera «massive» selon le SNUipp-FSU 75, avec plus de 150 écoles fermées et au moins 70% de grévistes. CGT, FO, Sud et Faen, minoritaires dans l'éducation, appellent en même temps à une grève nationale pour l'abrogation du décret. La CGT, première dans la fonction publique territoriale et Sud, appellent aussi les animateurs et Atsem (aides en maternelle) à la grève nationale: la cantine et autres activités périscolaires pourraient être perturbées.

Agenda chargé

Avant ces grèves, le ministère a tenté de calmer le jeu en avançant la publication d'un premier bilan portant sur 3.223 communes, affirmant qu'il n'y a actuellement «aucune difficulté» dans 93,5% d'entre elles, certaines ayant fait des ajustements après la rentrée. «Il y a encore des problèmes», a concédé Vincent Peillon, mais ces chiffres «vont contre ce grand mouvement qui laisse à penser que c'est une catastrophe».

Pour continuer à déminer le terrain, le ministère doit présenter dès mercredi des recommandations sur les rythmes en maternelle, là où l'application de la réforme génère les plus fortes critiques, selon un document communiqué à l'AFP ce lundi.

Pour le ministre, numéro 3 du gouvernement et détenteur d’un des meilleurs budgets en ces temps d’austérité, il y a urgence à  éteindre le feu et renouer le dialogue social.  Car après la réforme des rythmes scolaires, d’autres dossiers hyper-sensibles –et bien plus fondamentaux– l’attendent, comme la réforme du métier d'enseignant, de la relance des zones d'éducation prioritaire ou de la réécriture des programmes.

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