Frigide Barjot vue par ses voisins

REPORTAGE – Assignée par la Régie immobilière de la ville de Paris, l’égérie de la Manif pour tous pourrait être expulsée de son logement...

Vincent Vantighem

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Frigide Barjot le 17 septembre 2013 à Paris.

Frigide Barjot le 17 septembre 2013 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Tellenne-Jalons». L’étiquette figure en bonne place à côté de la lourde porte en faux marbre, sise au 49 rue de la Fédération. Frigide Barjot et son mari, Basile de Koch, devront peut-être l’enlever ces prochains mois, alors que le tribunal d’instance du 15e leur a donné tort ce mercredi. Assignée par la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), l’égérie du combat contre le mariage pour tous, est menacée d’expulsion. La RIVP l’accuse d’avoir fait domicilier sa société Jalons dans ce duplex de 173m², à deux pas du Champ-de-Mars. La manœuvre aurait permis, toujours selon la RIVP, de «gonfler artificiellement les charges de la société et donc [au couple] de payer moins d’impôts».

Le lieu respire la quiétude

«C’est un règlement de comptes politique, assène tout de go le voisin du troisième. Cela fait trente ans qu’elle vit ici. Et c’est maintenant qu’on découvre qu’il y a un problème juridique, je n’y crois pas. Frigide a toujours été quelqu’un de sympathique et d’adorable…» Un étage plus haut, le lieu où vit le couple «d’amuseurs publics» respire en effet la quiétude. Trottinette d’enfant sur le pas de la porte, large étiquette sur la sonnette. Seul le balcon qui donne sur une cour proprette aux parterres bien entretenus laisse apparaître un étrange capharnaüm de cartons et dossiers divers.

Elle fait ses interviews sur le trottoir

«Il y a eu beaucoup d’allées et venues pendant les manifestations, concède le gardien qui pourtant n’a pas enregistré de plaintes des voisins. Mais aujourd’hui, il n’y a plus rien. Tout ça semble fini…» En haut de l’escalier en colimaçon qui dessert les appartements de cette copropriété d’une quarantaine de logements, Thérèse* refuse, elle, de donner son avis sur le fond de l’affaire. «Mais, je lui sais gré de faire ses interviews sur le trottoir et non pas dans la résidence, lâche-t-elle. Evidemment, de temps en temps, il y a des journalistes qui, comme vous, arrivent à rentrer ici avec caméras et appareils mais c’est rare…» Même son de cloche du côté de Gérard* qui, tout en ouvrant sa boîte aux lettres, explique que «les enfants de Madame Barjot sont extrêmement bien élevés…»

«Elle peut toujours aller se brosser»

Finalement, les quelques personnes qui se permettent de critiquer l’auteure de Confessions d’une catho branchée sont ceux qui ne sont pas d’accord avec ses idées. «J’ai vu qu’elle avait lancé un appel aux dons pour qu’on l’aide. Elle peut toujours aller se brosser, lâche un autre voisin. D’autant qu’elle n’est pas particulièrement sympathique...» De l’autre côté de la rue, le personnel du restaurant Le casse-noix évoque aussi une «femme qui dîne plus avec son téléphone portable qu’avec les gens qui l’accompagnent».

«Le problème, ajoute la serveuse, c’est qu’elle s’est servie des médias pour se faire de la pub. Aujourd’hui, tout le monde sait qui est Frigide Barjot.» Tout le monde, à l’exception d’un voisin qui, interrogé par 20 Minutes, répond sincèrement: «Frigide qui? Sais pas qui c’est…» Il lui reste peut-être peu de temps pour faire connaissance.

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