En 2011, Paris comptait 28% de foyers monoparentaux, selon l'Insee
En 2011, Paris comptait 28% de foyers monoparentaux, selon l'Insee - LEVY BRUNO/SIPA

Paris cultive sa différence. Et notamment en matière familiale, comme le montrent les résultats issus d’une nouvelle enquête Famille et logements de 2011, publiée par l'Insee ce mercredi.

Un volet spécifiquement consacré à Paris, financé par la Mairie de la ville et conduit en partenariat avec l’Atelier parisien d'urbanisme (Apur), montre en effet un taux de familles recomposées de 9% en France, quand il n’est que de 6% sur Paris. Dans le même temps, la capitale compte quelque 28% de foyers monoparentaux, contre 22% sur le reste du territoire.

Logement social

Cette difficulté à «recomposer» sa famille s'explique notamment «par la structure du parc du logement et des prix élevés des loyers, qui peut être un frein», reconnaît Nathalie Couleaud, de la direction régionale d'Ile-de-France à L'Insee.

Dans ces conditions, pas étonnant que 28% des 15.600 familles parisiennes recomposées soient logées dans le parc social, contre 19% en province. Car ces familles, avec «en moyenne 2,1 enfants contre 1,5 dans les familles monoparentales», trouvent dans ces logements sociaux le moyen d’avoir des surfaces suffisamment grandes pour accueillir leur plus grande famille.

Mais l’espace locatif ne résoud pas tout. «Se pose aussi la question des espaces psychiques», détaille Maryvonne Barraband, thérapeute de couple et de famille. «Et celle-ci ne sera pas résolue avec le chacun sa chambre», estime la psychanalyste, auteure d’un article intitulé «Le nouveau couple de la famille recomposée», paru dans la revue dialogue. Aussi, plus que d’offrir des m2, les parents doivent avant tout «faire une place aux beaux enfants dans leur tête».

Mieux connaître les spécificités

Autre particularité en matière familiale, l'Ile-de-France est, avec Provence-Alpes-Côte d'Azur, la région qui compte le moins de grands-parents parmi les 75 ans et plus. Ils ne sont en effet que 75% à l'être dans cette tranche d'âge, alors que le Nord-Pas-de-Calais et La Lorraine arrivent en tête du classement (85%).

Si la thématique des grands-parents parisiens devrait faire l’objet d’un volet d’étude complémentaire en décembre, les données mises en avant «permettent déjà de savoir où ils se trouvent». Et de voir que cela peut effectivement «jouer sur la garde des enfants», reconnaît Nathalie Couleaud.

L'enquête, en détaillant ainsi la réalité de ces 275.000 familles parisiennes, vise donc à «mieux connaître les spécificités», ajoute la chercheuse. Et de «mettre en place des politiques pour y répondre» et ainsi permettre à ces familles de pouvoir se «recomposer».

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