Le père de Leonarda, un homme violent connu de la justice

ENQUÊTE lusieurs sources dressent un portrait peu flatteur du père de la collégienne kosovare expulsée...

M.P. avec AFP

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Leonarda, lors d'un entretien avec l'AFP à Mitrovica, le 16 octobre 2013. 

Leonarda, lors d'un entretien avec l'AFP à Mitrovica, le 16 octobre 2013.  — ARMEND NIMANI / AFP

Qui est le père de Leonarda? Différents médias se sont interrogés sur la personnalité de Resat Dibrani. Et son passé révèle quelques fêlures.Ainsi l'AFP assure que le père de la jeune kosovare au cœur de l'actualité a eu des démêlés avec la justice pour des violences sur ses filles et de petits larcins.

RTL a enquêté sur le «profil» du père de Leonarda, qui vivait à Levier, dans le Doubs. D’après la radio, cet homme âgé de 43 ans a montré «un manque d’implication et de volonté d’intégration» qui, «couplées à la violence», ont pu expliquer les nombreux rejets des demandes de régularisation de cette famille présente sur le sol français depuis 2009.

Plainte pour violences

D’après RTL, le père «frappait ses enfants, ce qui lui a valu d’être convoqué par deux fois devant un juge pour enfants en début d’année». Il n’y a pas eu de condamnation car Leonarda et sa sœur Maria «s’étaient alors rétractées». Début 2013, une plainte pour violences sur ses enfants a été déposée contre Resat Dibrani, assure l'AFP.  Au terme de la procédure, le parquet de Besançon avait estimé qu'il n'y avait pas assez de charges pour engager des poursuites contre le père de famille, ont-elles précisé.

«Resat a eu des problèmes avec la justice car il avait tapé ses filles», confirme Gérard Guinot, porte-parole du comité de soutien aux sans-papiers du secteur de Pontarlier (Doubs), où était scolarisée Leonarda.  «Au Kosovo, le chef de famille a tous les droits, on a essayé de lui dire que ce n'était pas une façon de faire, qu'en France on n'avait pas le droit de frapper ses enfants», ajoute Gérard Guinot.

Suite à ces violences,  «Leonarda et Maria ont été placées en foyer pendant deux semaines pour leur protection. Elles ont ensuite discuté avec leur père et elles sont rentrées habiter avec lui», poursuit-il.

Rappels à la loi pour vols

D'après le porte-parole du comité, après ses démêlés avec la justice, Resat Dibrani est devenu «très libéral avec ses filles, il ne les tapait plus et les laissait sortir le soir avec les garçons, contrairement à avant».

RTL continue le portrait du père, employant toutefois cette fois le conditionnel: «Il aurait également menacé en avril dernier de faire exploser le centre d’accueil des demandeurs d’asiles où la famille résidait si les policiers venaient à l’expulser». Resat Dibrani n’aurait par ailleurs jamais réussi «en cinq ans à décrocher la moindre promesse d’embauche», ajoute la radio qui précise en citant le comité de soutien de la famille: «En fait il ne cherchait pas de travail, vivait de petits boulots, d’une aide du conseil général». Un autre proche a lâché à la radio: «Son problème c'est qu'il se croyait encore au Kosovo».

De petits larcins

Enfin, Resat Dibrani et sa femme Gemilia ont également fait l'objet d'un rappel à la loi pour des faits de vols, à Levier, où résidait la famille. Selon des sources proches du dossier, il s'agissait de petits larcins.

«On n'a jamais prétendu que M. Dibrani était un homme modèle et si les violences étaient avérées, il serait encore plus scandaleux de faire ce "regroupement familial" au Kosovo», a réagi de son côté Fabrice Riceputi, membre de Réseau éducation sans frontières (Resf). Mais cette procédure «ne change en rien que l'expulsion d'enfants et de leurs parents est quelque chose d'injuste et d'inacceptable», a-t-il ajouté.

 

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