Un élève à l'école primaire à Paris le 3 septembre 2013 à Paris.
Un élève à l'école primaire à Paris le 3 septembre 2013 à Paris. - MARTIN BUREAU / AFP

«Une grosse désillusion». Sur le principe, beaucoup de parents interrogés, comme Mireille, n’étaient pas contre une refonte des rythmes scolaires, avec réduction des journées et découverte d’activités. Mais la mise en place de la réforme depuis quatre semaines ne convainc pas.

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Après leur journée de classe, les enfants ont désormais la possibilité d’assister à des activités périscolaires. Une «garderie», soufflent plusieurs internautes. «En juin, on nous parlait de cours de hip-hop et de chinois, se souvient Emilie. Résultat, c’est jeux de société et balle au prisonnier.»  La fille d’Emmanuelle, en CP, a eu droit à «origami». «Pourquoi pas apprendre à faire des éventails en papiers, tempère-t-elle, mais les animateurs ne sont pas plus formés que moi pour faire ça.» Eveil théâtrale ou chorale trouvent grâce à ses yeux, mais «à 18 avec un seul animateur, comment voulez-vous qu’ils apprennent quelque chose?»

Audrey explique avoir été poussée à «ne pas inscrire ses enfants à des activités qu’ils font déjà à l’extérieur».  Son fils  «va faire six activités différentes en un an, et changer chaque année, pour quelle progression?»  interroge-t-elle, «réservée» sur «l'effet zapping».

«Les enfants sont épuisés»

Dans le Loiret, le fils de Mireille «s’occupe, il dessine». Regroupés au sein d’un SIIS (syndicat intercommunal d’intérêt scolaire), les enfants des écoles maternelles et primaires de quatre villages se retrouvent encadrés par des ASEM (agent spécialisé des écoles maternelles). Aucun animateur. Ni aucune activité proposée. Et pas assez de places pour tout le monde. «Il y a une salle qui peut contenir environ 50 enfants, alors qu’ils sont plus de 200, nous dit Mireille. On nous a presque découragé de les inscrire».

Cumulant école et «activités», «les enfants sont épuisés» nous dit Emmanuelle, «les réveils sont plus durs», confirme Audrey. Emilie a elle été obligée d’avancer l’horaire du repas de 19h à 18h30. «Quinze jours après la rentrée, c’était fini, comme avant les vacances de Noël» se souvient cette internaute.

Le mercredi après-midi, c’est «la course» pour elle et sa fille en grande section. D’autres parents ont reporté les activités aux soirs de la semaine. Et la journée s’allonge d’autant plus. «Une baby-sitter va les récupérer à 16h30 le mardi, explique Audrey, puis les amène à leur cours d’échecs et d’escrime.»

«On a fait une pétition, on nous a dit que c’était trop tard»

«Ce que je crains, c’est que du coup ils soient moins réceptifs le jeudi ou le vendredi» explique Emmanuelle. La conséquence de la réforme serait alors à l’exact opposé de son but initial. «Les journées sont toujours aussi longues, sauf que les enfants passent moins de temps devant l’instituteur» avance Audrey.

Certains parents n’ont pas attendu longtemps pour trancher et retirer simplement leurs enfants des activités périscolaires. «C’est son père qui va le récupérer, nous dit Mireille, et il y a très peu de chance qu’il y retourne.» En mai, les parents d’élèves de son école du Loiret ont tenté de faire reporter l’application du projet. Ils ont remis une pétition à l’inspecteur d’académie. On leur a simplement répondu que c’était «trop tard». Emmanuel a eu droit à la visite des équipes de la mairie de Paris. «On est passé d’activités qui duraient 45 minutes, à 1h30, se félicite cette internaute, c’est bien mais insuffisant. Faire des cocottes en papier ne remplit pas les missions de l’école.» 

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