La centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), en novembre 2011
La centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), en novembre 2011 - LIONEL BONAVENTURE / AFP

A. S.

Des instructions musclées. Dans un e-mail daté du 18 juillet et envoyé aux responsables de la sécurité, et dont Rue89 a obtenu une copie, le directeur du site d’enrichissement d’uranium Areva-Tricastin (Drôme), Frédéric de Agostini, demande de «prendre les mesures les plus strictes en cas de tentative d’intrusion sur le site». «Et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je souhaite une photo d’un militant au sol, un chien sur lui, si cela devait arriver», poursuit-il.

La centrale est régulièrement le lieu de tentatives d’intrusions de la part de militants antinucléaires.

L’e-mail, transmis aux 150 personnes de l’unité de protection de la matière et du site (UPMS), la division en charge de la sécurité, a fuité auprès des syndicats d’Areva et des associations écologistes locales. Le 29 août, un tract interne de la CFDT, relayé par Rue89, s’est fait l’écho du fameux e-mail. «Ce monsieur [Frédéric De Agostini] aurait fait un meilleur communiquant des armées, plutôt que patron d’un site industriel», peut-on y lire.

Areva «déplore» les propos

Contactée par 20minutes.fr, la direction d'Areva assure que «le groupe déplore les propos de ce responsable, écrits sous le coup de l'émotion et face aux provocations répétées de Greenpeace». Cette position a été «signifiée directement» à l'intéressé par sa hiérarchie, précise Areva.