L'industriel Serge Dassault le 22 mars 2012
L'industriel Serge Dassault le 22 mars 2012 - PRM/SIPA/1203221252

avec AFP

Le sénateur UMP et industriel Serge Dassault est convoqué comme témoin assisté le 2 octobre prochain par des juges d'instruction d'Evry qui enquêtent sur des tentatives d'homicide en 2013 dans son fief de Corbeil-Essonnes (Essonne), ont annoncé dans un communiqué ses avocats, Mes Jean Veil et Pierre Haïk.

Par ailleurs, les avocats dénoncent «l'enregistrement pirate» diffusé dimanche par Mediapart sur des achats de votes présumés, n'y voyant que des «morceaux choisis, sortis de leur contexte» et sans «garantie sur la date (...) ce qui autorise tous les amalgames». La justice enquête à Corbeil-Essonnes, ville dont le sénateur UMP a été maire une quinzaine d'années (1995-2009), sur deux affaires, l'une instruite à Paris concernant des soupçons d'achats de voix aux élections, et une autre instruite à Evry sur deux tentatives d'homicide, commises en janvier et février 2013, et qui pourraient être liées.

Le 3 juillet, le Sénat avait refusé, pour «défaut de motivation» de la demande, de lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault, que des juges d'Evry souhaitaient entendre sous le régime de la garde à vue. Le sénateur sera entendu «en qualité de témoin assisté» le 2 octobre prochain, indiquent ses avocats dans leur communiqué.

Dassault conteste les enregistrements

Dimanche, Mediapart a publié des extraits d'une conversation de Serge Dassault susceptibles, selon le site d'information, de constituer une «pièce à conviction centrale» dans ces enquêtes. «Tout en exprimant les plus expresses réserves sur la régularité de tels enregistrements et retranscriptions, Monsieur Serge Dassault confirme avoir été l'objet, depuis plusieurs années, de demandes pressantes de remise d'argent par divers individus qui avaient été informés de sa générosité en faveur des actions philanthropiques et qui justifient les dépôts de plainte qu'il a effectués», déclarent les deux avocats.

«Malheureusement, certains individus se sont acoquinés pour tenter de contraindre Monsieur Serge Dassault à leur remettre des fonds. Afin de mettre un terme à ces exigences, parfois très insistantes, Monsieur Serge Dassault avait pris pour parti de répondre systématiquement qu'il ne donnerait plus d'argent à qui que ce soit», ajoutent Mes Veil et Haïk.