L'avocat de la famille du braqueur tué à Nice dénonce les réseaux sociaux

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Publié le 16 septembre 2013.

JUSTICE - L'avocat de la famille du braqueur tué par un bijoutier à Nice pointe du doigt une justice «à géométrie variable» dans cette affaire...

«La justice, c'est pas Facebook, c'est pas Twitter», s'est insurgé lundi l'un des quatre avocats de la famille d'Anthony Asli, le braqueur tué par un bijoutier à Nice, estimant que la justice «ne peut être rendue sous la pression de l'opinion publique».

«Le sens de la mesure, on l'a perdu dans cette affaire. La violence, on la connaît, l'exaspération des citoyens, on la connaît, on la partage. Mais enfin la légitime défense, c'est une chose, l'autodéfense, c'en est une autre», a estimé Philippe Soussi, lors d'une conférence de presse se déroulant peu après un rassemblement de soutien au bijoutier niçois, mis en examen pour homicide volontaire et assigné à résidence sous surveillance électronique.«Si on prône l'autodéfense sans s'en apercevoir, on passe d'une société civilisée à une société qui ne l'est plus, à la barbarie, à la dictature», a-t-il ajouté.

«La justice ne peut être rendue sous la pression de l'opinion publique»

«Avec la famille, nous nous interrogeons sur les conditions dans lesquelles la justice est rendue dans cette affaire» car «en matière d'homicide volontaire, dans 99,9% des cas, on a recours à la détention provisoire» et «nous, avocats, sommes confrontés à des dizaines de cas où l'on va en prison pour beaucoup moins que ça». «Il y a sans doute eu deux poids, deux mesures, une justice à géométrie variable et vraisemblablement sous la pression de l'opinion publique qui est considérable dans cette procédure», selon lui.

Or, pour lui, «la justice ne peut être rendue sous la pression de l'opinion publique». A ses côtés, en pleurs, Alexandra Asli, la soeur du jeune homme tué, dont le corps n'a pas encore été autopsié. Elle dit ne pas «comprendre l'ampleur» que cette affaire a prise, ni pourquoi «on salit la mémoire de (son) frère». «Il n'était pas violent, les armes qu'il avait sur lui, c'était des fausses», a-t-elle assuré devant les journalistes. «Il était plein de vie, il était amoureux», a-t-elle ajouté, dressant aussi le portrait d'un jeune homme «influençable», qui «n'avait pas 19 ans dans sa tête».

«D'accord c'était un petit délinquant. Mais aujourd'hui on prend la défense d'un assassin!», s'est insurgée la jeune femme, faisant allusion au bijoutier mis en examen. «Qu'il aille en prison comme n'importe quel délinquant. Il lui a tiré dans le dos, l'a abattu comme un chien», a-t-elle dit, réfutant la thèse de la légitime défense.

Avec AFP
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