Patrouilles de police de proximité dans la Zone de Sécurité Prioritaire  établie autour de la station de métro Chateau Rouge dans le 18e à Paris le 25 avril 2013.
Patrouilles de police de proximité dans la Zone de Sécurité Prioritaire établie autour de la station de métro Chateau Rouge dans le 18e à Paris le 25 avril 2013. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Le thème de la sécurité fait recette à Paris. Après une première salve de critiques la semaine dernière concernant la hausse de la délinquance dans la capitale, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la Mairie de Paris, a présenté ce lundi matin ses pistes concernant le thème de la sécurité. Ses idées: doubler le nombre de caméras de vidéosurveillance, rétablir les arrêtés «anti-mendicité agressive», et créer une police de quartier.

D’autres pistes doivent être développées mardi matin comme le démantèlement systématique des camps de Roms et la mise en place d’un baromètre parisien de la sécurité à Paris, quartier par quartier, qui prendrait aussi en compte le sentiment d’insécurité des Parisiens. Une volonté d’occuper le terrain sur cette thématique assumée du côté de l’UMP.

«Un mythe que la droite utilise depuis des années»

«La sécurité, c’est un souci républicain, explique Pierre-Yves Bournazel, élu UMP dans le 18e et porte-parole de NKM. C’est un sujet qui touche toutes les catégories sociales et il faut en parler pour traiter ce problème. Car depuis 2001, la gauche ne s’est pas préoccupée de la sécurité à Paris et là on voit que la délinquance explose depuis seize mois dans la capitale.»

«Le fait que la droite gère mieux le sujet de la sécurité que la gauche est un mythe, dont la droite se sert depuis des années, répond Myriam El Khomri, adjointe au Maire de Paris, chargée de la sécurité et porte-parole d’Anne Hidalgo. Depuis 2001, nous avons augmenté de plus de 50% le budget de la préfecture de police et, alors que nous avons perdu 1.500 policiers entre 2009 et 2012, nous avons demandé au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, de récupérer des effectifs. Ils devraient d’ailleurs arriver à la fin 2013.» 

Quant aux arrêtés anti-mendicité, suspendus par le préfet de police, Bernard Boucault, en juin 2012, «ils ont été jugés “policièrement” inefficaces. Il est plus intéressant de collaborer avec les autorités des pays balkaniques par exemple», ajoute Myriam El Khomri.

La peur d’un «nouveau 21-Avril»

Mais si l’entourage d’Hidalgo défend le bilan de la majorité sortante et assure que «les questions de sécurité feront partie des priorités» de la candidate à la Mairie de Paris, qui doit d’ailleurs faire des annonces sur le sujet dès la semaine prochaine, certains s’inquiètent du côté des socialistes. «Une chose est sûre, vu le climat actuel, il ne va pas falloir qu’on se loupe sur le thème de la sécurité, glisse un élu parisien. Car sinon, on n’est pas à l’abri d’un nouveau 21-Avril…»

D’autant que selon un récent sondage CSA-BFMTV, «la lutte contre la délinquance» est la deuxième préoccupation des Français pour ces municipales, juste derrière le «montant des impôts locaux».

Une crainte partagée aussi du côté de l’entourage de NKM, qui voit, lui, d’un mauvais œil la percée du Front national à Paris. Avec 8% des intentions de vote, le parti de Marine Le Pen, mené par Wallerand de Saint-Just, se présente comme la troisième force politique dans la capitale. «J’ai très peur de ce qui est en train de se passer, confie un élu UMP. On sent sur le terrain une vraie exaspération et si on ne fait pas de propositions claires et concrètes, on va laisser un boulevard au FN.»

Face à cette situation, Myriam El Khomri refuse, pour sa part, toute surenchère. «L’insécurité, soit on la traite, soit on l’exploite...»

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