Google Maps de Reims
Google Maps de Reims - GOOGLE / Capture d'écran

avec AFP

Les médecins du CHU de Reims ont engagé à nouveau une réflexion sur la fin de vie de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale dont les parents s'étaient opposés en justice à son euthanasie passive, a-t-on appris lundi de source médicale. «Compte tenu de l'état de Vincent, une réunion a été programmée pour la fin de mois avec toutes les parties concernées pour expliquer notre position avant d'engager un protocole de fin de vie», a expliqué à l'AFP Eric Kariger qui dirige le service de médecine palliative au CHU de Reims, confirmant une information de France Bleu Champagne.

Selon le corps médical, Vincent Lambert, le patient de 37 ans hospitalisé depuis 5 ans après un accident de moto, est totalement aphasique et dans un état «pauci-relationnel», un état de conscience minimale qui permet une certaine interaction avec l'environnement par la vue notamment, sans pour autant «être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles». «Vincent est dans un état stable au sens où sa vie de relation se restreint de plus en plus», a précisé le docteur Kariger.

Un conflit familial

En avril dernier, alors que le malade multipliait des comportements d'opposition aux soins «faisant suspecter un refus de vivre», les médecins avaient engagé un protocole de fin de vie en accord avec sa femme présente quotidiennement depuis l'accident et une partie de la famille, mais sans consulter explicitement les parents vivant dans le sud de la France.

Le 11 mai, la mère de Vincent avait saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et obtenu du juge que les médecins reprennent l'accompagnement thérapeutique en rétablissant l'alimentation et l'hydratation du patient. «Le juge ne s'était pas prononcé sur le fond mais avait seulement estimé que le processus collégial n'avait pas respecté l'obligation de consulter l'ensemble des membres de la famille», a souligné Sara Nourdin, l'avocate de l'épouse de Vincent Lambert. «Conformément à la loi, la décision finale revient au corps médical et fait partie de notre dure responsabilité», a estimé le docteur Kariger, précisant que le protocole de fin de vie pourrait commencer dans les semaines à venir.