Rythmes scolaires: «Nos enfants se sont retrouvés dehors»

EDUCATION – Ces élèves d'une école parisienne (9e) devaient pourtant participer aux ateliers mis en place avec la réforme des rythmes scolaires…

Mathieu Gruel

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Un enfant à la porte de son école primaire, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 3 septembre 2013

Un enfant à la porte de son école primaire, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le 3 septembre 2013 — A. Gelebart / 20 Minutes

«On a pensé porter plainte». Contacté par 20 Minutes, ce père de deux enfants a le ton grave. La semaine dernière, il a eu la désagréable surprise d'apprendre que son fils de 9 ans était sorti de son école primaire, rue de Bruxelles à Paris (9e). Sauf qu'il était censé participer aux nouveaux ateliers, mis en place par la réforme des rythmes scolaires.

Malgré cette première alerte, suivie d'une mise au point avec sa progéniture, bis repetita. Le vendredi, c'est sa fille de 6 ans qui se retrouvait devant les grilles de l'école à 15h. «Je suis consternée», expliquait à 20 Minutes la mère de la jeune fille. «Nos enfants se sont retrouvés en dehors de l'école. Ça n'aurait jamais dû arriver». Plus de peur que de mal, sauf que les parents sont encore sous le choc.

Ils ont donc décidé d’alerter par mail, Laurent Chabas, l'adjoint au maire du 9e en charge des questions d'éducation. Une rencontre a pu avoir lieu. «C'est malheureux, mais il n'y a pas eu d'incident grave», tempère l'élu, qui reconnaît tout de même le «couac». Mais «c’est corrigé», explique Laurent Chabas, après avoir «rencontré tout le monde».

«Phase de réglage»

Le dispositif, encore dans sa phase d'ajustement, est pourtant «un véritable succès», estime l'élu. Après avoir visité la moitié des vingt écoles de son arrondissement, il constate en effet que tout s'y passe «remarquablement bien».

Même son de cloche du côté de la Mairie de Paris, où l’on assure suivre «tous les retours avec attention». Saluant «l’investissement de tous», Colombe Brossel, adjointe au Maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative, se félicitait également d’«un taux d’inscription de 90 à 95% aux ateliers».

Admettant toutefois «être encore dans une phase de réglage, qui ne doit pas trop durer», l’élue avait prévu d’adresser aux directeurs d’établissements, ce lundi, un document «permettant de clarifier les choses». Car «il peut y avoir un peu de tâtonnement ici ou là», confirme Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU.

Gérer la sortie des élèves

Si un premier bilan de la réforme devrait être fait d'ici un mois et demi, un constat semble d'ores et déjà se dessiner. «Le problème, c'est effectivement la sortie des élèves à 15h», explique le syndicaliste. C'est à ce moment, entre la fin de l'école et le périscolaire, qu'il peut y avoir quelques soucis.

«Gérer la sortie des élèves incombe aux directeurs d'établissements», détaille Sébastien Sihr, «or ils sont déjà submergés de travail». Un constat que partage Pauline Leclerc, secrétaire académique du SE-Unsa Paris, qui pointe d’ailleurs de «grosses complications en maternelle», avec également des «difficultés pour les enfants» à comprendre ce nouveau rythme.

Alors, s'il y a bien «des endroits où ça roule», il y en a «d'autres où c'est un peu le bazar», reconnaît la syndicaliste. Une réunion était d’ailleurs prévue ce lundi, dans l’école rue de Bruxelles, «pour nous expliquer le fonctionnement», racontent les parents. Encore consternés, ils ont décidé d'avertir l'inspectrice d'académie de leur mésaventure et «demande juste à ce que ça ne se reproduise pas».

 

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