La sénatrice socialiste Samai Ghali, le 3 mai 2011.
La sénatrice socialiste Samai Ghali, le 3 mai 2011. - P. POCHARD / SIPA

L’affaire se dégonfle pour tout le monde. Sauf pour elle. Samia Ghalli, sénatrice et maire (PS) des 14e et 15e arrondissements de Marseille a attaqué son jeudi en réclamant des renforts militaires pour assurer la sécurité dans les hôpitaux après la révélation d’une prise d’otages, cet été, dans un établissement de la ville. La journée avançant, le maire de Marseille et le ministre de l’Intérieur, lui-même, ont nuancé la portée de cette prise d’otages estimant qu’il s’agissait seulement d’un incident au cours duquel un patient avait menacé le personnel. Pas de quoi faire revenir Samia Ghalli sur ses propos qui avait déjà réclamé une mesure similaire en août 2012. Entretien…

D’après Manuel Valls, il n’y a eu ni «prise d’otage» ni «séquestration» lors de l’incident qui s’est produit cet été à l’hôpital nord de Marseille…

Pour moi, c’est la même chose. Certes, ce n’est pas une prise d’otages. Mais qu’un homme menace le personnel est soignant est choquant et inacceptable. L’hôpital nord est le plus gros de la région. Le personnel y est constamment menacé.

Comment le savez-vous?

C’est une réalité. Je suis élue de ce terrain. Je le sais. C’est tout.

Ce matin, vous avez réclamé des renforts militaires pour assurer la sécurité dans les hôpitaux. Maintenez-vous ces propos?

Oui, je persiste. L’armée peut être une solution pour Marseille! A un moment donné, on ne sait plus quoi dire... Si on n’a pas assez de policiers, pourquoi ne pas faire appel aux militaires comme on le fait déjà pour assurer la sécurité dans les gares, les aéroports ou les grands boulevards. Il faut trouver une solution. L’armée en est une.

>> En vidéo: Retrouvez les interventions de Samia Ghali

Mais, vous aviez déjà réclamé cela il y a un an. Et Manuel Valls, à l’époque, avait déjà expliqué qu’il en était «hors de question»

Oui, mais moi, je n’en peux plus. On peut trouver ma position bizarre. On peut ne pas être d’accord. Mais je veux juste tirer la sonnette d’alarme. Tous les feux sont au rouge à Marseille.

Que répondez-vous à ceux qui prétendent que votre position est populiste?

Mais je suis profondément de gauche. Moi ce qui m’importe, c’est ce que pensent les gens sur le terrain.

Et ils pensent avoir besoin de l’armée?

Je ne veux pas rester sur cette question. Mais les gens me disent que s’il faut en passer par là, alors pourquoi pas… Surtout, ils en ont assez de la tchatche. Il y a eu un comité interministériel il y a un an. Et rien n’a changé. Le problème est là.

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