Disparues de Perpignan: Le père d'Allison se pend après une dernière lettre

12 contributions
Publié le 5 août 2013.

FAITS DIVERS - Tandis que la police exploite les données du portable et de l'ordinateur de Francisco Benitez, Allison et sa mère restent introuvables...

Le mari et le père des deux disparues de Perpignan, le légionnaire Francisco Benitez, s'est pendu sur son lieu de travail, privant les enquêteurs de leur véritable seul témoin.

Francisco Benitez, 50 ans, a expliqué dans ses ultimes messages qu'il ne supportait plus qu'on le soupçonne d'avoir fait disparaître sa fille Allison, 19 ans, candidate à l'élection de Miss Roussillon, et son épouse Marie-Josée Benitez, 53 ans. L'adjudant-chef en charge de recrutement à la Légion étrangère s'est donné la mort en clamant son innocence et en délivrant un dernier message d'amour pour sa fille.

 


>> Pour voir le témoignage dans son intégralité, cliquez ici.

«Difficile d'accuser un mort»

Son corps a été découvert ce lundi peu avant 7h par son adjudant dans les sanitaires de la caserne où il travaillait, a indiqué le procureur adjoint Luc-André Lenormand. Le visage dissimulé par un foulard noir, il a conservé son uniforme pour mettre fin à ses jours avec un système relativement sophistiqué de corde et de mousqueton.

Sa fille et sa femme, avec laquelle il était en instance de séparation, restent introuvables et d'intensives recherches se poursuivent. Si elles sont en vie et libres de leurs mouvements, la mort de Francisco ne les a pas fait sortir du silence observé depuis le 14 juillet.

Mais le procureur adjoint n'a pas caché ne plus guère croire à une disparition volontaire de leur part. Il n'a pas dissimulé non plus que de lourds soupçons pesaient sur Francisco, même s'il est «difficile d'accuser un mort». «S'il a un secret, il l'a emporté», a-t-il dit à la presse, mais avec lui «c'est un témoin capital qui disparaît», la dernière personne connue à avoir vu les deux femmes, un homme dont aucun autre témoin ne peut aujourd'hui confirmer ou infirmer les déclarations.

Allison et sa mère toujours introuvables

Ces soupçons, Francisco Benitez ne les supportait plus, dit-il dans ses ultimes messages, une vidéo transmise à Paris Match dimanche, des mails envoyés à des proches et des camarades et une lettre laissée sur les lieux de son suicide.

La vidéo diffusée par Paris Match le montre très éprouvé. «Les gens qui me connaissent vraiment, ils savent très bien que, pour moi, Allison, c'est ma vie. Mais ça, il y a seulement les gens qui me connaissent qui peuvent savoir ça», dit-il dans les sanglots, visiblement au bout du rouleau. «Le plus dur pour nous, ça a été de lire des choses que les gens ont commentées et (dites) sans savoir», ajoute-t-il avec le fort accent de son Espagne d'origine. Ses derniers mots sont pour «(espérer) que ma fille sera retrouvée, ainsi que sa maman».

Selon les déclarations faites par Francisco Benitez à la police, les deux femmes ont quitté le domicile familial le 14 avec leurs valises, sans explication. Elles auraient dit leur intention de se rendre à Toulouse. Depuis lors, les portables des disparues sont coupés. Aucun mouvement n'a été décelé sur leurs comptes bancaires. L'appel à témoins lancé par les policiers n'a rien donné.

Une vidéo tournée seul?

Les deux femmes n'avaient apparemment pas d'attache à Toulouse. En l'état des investigations, «elles n'ont pris ni la voiture, ni le taxi, ni le train», a dit le procureur adjoint. Une autre fille de Marie-Josée Benitez a bien reçu ce jour-là un texto envoyé du portable de sa mère et l'informant qu'elles partaient pour Toulouse. Mais rien ne dit que c'est Marie-Josée Benitez qui l'a envoyé, a noté le magistrat.

Les proches d'Allison se demandent aussi pourquoi celle-ci s'est brutalement soustraite aux obligations du concours pour l'élection de Miss Roussillon, prévue dimanche prochain, alors que cette grande fille brune était, selon le comité, «la plus motivée». Francisco Benitez aurait signalé leur disparition aux policiers à deux reprises, les 22 et 25 juillet, dit une source proche de l'enquête. Il avait fallu que des proches d'Allison l'y poussent, ajoute-t-elle.

La police judiciaire aurait certainement eu beaucoup de questions à lui poser et d'investigations à mener sur ses appels téléphoniques ou son emploi du temps, dit cette source. Les policiers détiennent son portable et ont commencé à exploiter son ordinateur. Dorénavant, ils vont aussi s'intéresser aux conditions dans lesquelles a été tournée - seul ou pas - sa dernière vidéo.

Avec AFP
publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr