Des journalistes devant le journal La Provence, à Marseille, attendent l'arrivée de Bernard Tapie, le 20 décembre 2012.
Des journalistes devant le journal La Provence, à Marseille, attendent l'arrivée de Bernard Tapie, le 20 décembre 2012. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

J-C Magnenet avec AFP

Le directeur de la rédaction de La Provence, Olivier Mazerolle, exprime ce jeudi dans un éditorial une «inquiétude» après la saisie par la justice des parts de Bernard Tapie dans le Groupe Hersant Média (GHM), craignant que les «subsides» nécessaires au «développement» du journal fassent défaut.

Près de 2.000 salariés travaillent dans les rédactions

«Il est légitime que l'Etat prenne ses précautions. Mais pas au détriment d'entreprises qui ne sont pas parties prenantes dans cette affaire», souligne Olivier Mazerolle. Des entreprises qui emploient 2.000 salariés, rappelle-t-il.

«Jusqu'à quel point est-il désormais interdit à Bernard Tapie d'investir dans les journaux dont il est le copropriétaire? Voilà une question qui reste sans réponse officielle de la part des magistrats. Cette situation suscite une inquiétude que chacun comprendra», poursuit le chef de la la rédaction.

«Nous souhaitons que l'actionnaire ne soit pas empêché de fournir à La Provence les subsides dont elle a besoin pour son développement», conclut-il, avant d'assurer que «dans l'immédiat, elle n'(était) pas menacée».

"Le plus fatiguant, c'est l'immobilisme

« C’est juste un épisode de plus, philosophait un employé de Nice-matin mercredi. On se renseigne sur les conséquences de ces saisies conservatoires et elles ne veulent pas dire que des huissiers vont débarquer. Ce qu’on ne connait en revanche,  c’est l’impact qu’elles pourront avoir à plus long terme. Est-ce que le journal sera mis en vente ? »

« Le plus fatiguant c’est l’immobilisme. On attendait la présentation d’un plan de stratégie depuis mars et on ne voit rien venir. » 

Mercredi, les syndicats du groupe Nice-Matin, également repris fin 2012 par l'homme d'affaires avec la famille Hersant, avaient estimé qu'une telle saisie - pas encore effective ce jeudi matin - hypothèquerait l'avenir des quotidiens du Sud-Est de GHM (La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin).

Les juges enquêtant sur l'arbitrage controversé du litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais ont ordonné la saisie d'une partie des biens de l'homme d'affaires qui s'était vu octroyer 403 millions d'euros en 2008. Mis en examen pour escroquerie en bande organisée, l'homme d'affaires a d'emblée annoncé qu'il contesterait en justice cette mesure, qui est relativement fréquente dans les enquêtes financières.