Illustration Manif pour tous.
Illustration Manif pour tous. - LOIC VENANCE / AFP

Aude Massiot

Après des semaines de lutte contre le projet de loi Taubira autorisant les couples de même sexe à se marier, les anti-mariage pour tous ont trouvé une nouvelle cause: la libération de Nicolas Bernard-Busse, l'un des leurs, condamné à quatre mois de prison, dont deux ferme, et 1.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris mercredi. Son tort: s'être rebéllé face aux policiers et avoir refusé de donner ses empreintes et son ADN.

Vendredi soir, quelque 500 manifestants sont au rendez-vous fixé par La Manif pour tous. Après une fausse information diffusée sur le site officiel du mouvement indiquant que la manifestation aurait lieu devant Sciences Po, rue Saint-Guillaume, la trentaine de manifestants présents se dirigent vers le métro pour rejoindre le reste des troupes devant le Panthéon. Quand ils ne sont pas en groupe, ils cachent leurs drapeaux et leurs sweat-shirts.

«On craint les forces de police qui sont partout. Ils nous embarquent juste pour avoir ça sur nous», nous glisse un professeur d’économie venu défendre la cause de «Nicolas». Quand ils arrivent devant le Panthéon, ils sont environ deux-cents, drapeaux de la République française et de La Manif pour tous brandis, à acclamer les paroles du meneur, perché sur une estrade.

«La violence, c’est aussi nécessaire»

«On est là pour dénoncer ce qui est arrivé à Nicolas. C’est très grave ce qu’il se passe dans notre pays en ce moment!» éclate une petite dame, accompagnée de plusieurs de ses amies, qui acquiescent à ses mots. Mais la cause de Nicolas sert surtout au groupe à renforcer leur mouvement contre la loi sur le mariage pour tous. «Hollande, ta loi, on n’en veut pas!». C’est ce que scande la foule massée devant le Panthéon.

Ils dénoncent 8.000 arrestations et 500 gardes à vue parmi leurs militants, et se revendiquent pourtant comme «un mouvement pacifiste et pacificateur». Beaucoup crient au complot du gouvernement contre leur mouvement, et scande qu’avec «Nicolas au cachot, une ligne rouge a été passée». Cependant, on peut entendre, dans les rangs, certains dire que «pour se faire entendre, la violence est nécessaire». Drôle de paradoxe.

Les manifestants sont en effet remontés contre le gouvernement, et cette «justice qui Valls». Alors les meneurs appellent à garder le calme pour ne pas entraver l’action des avocats de Nicolas Bernard-Busse, qui tentent d’obtenir sa libération en attendant son passage en appel.