Euro Millions: Comment gérer quand on a gagné une somme colossale?

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Publié le 21 juin 2013.

JEU - 166 millions d'euros sont en jeu ce vendredi soir. Un gain énorme, qui exige une «formation»...

Imaginez une seconde: ce vendredi, vous regardez le tirage de l’Euro Millions, avec à la main le ticket que vous avez acheté dans l’après-midi. Et là, sous vos yeux ébahis, sortent les sept boules correspondant aux cinq numéros et deux étoiles que vous avez choisis. Bingo, vous venez d’empocher le super Jackpot de 166 millions d’euros.

Passé le moment d’euphorie et de sidération, il va falloir gérer l’événement. Jacques, qui a touché 9 millions d’euros en 2008, «n'arrivait plus à parler», racontait son épouse, à l’occasion d’un dîner entre grands gagnants l’été dernier. «Nous avions caché notre bulletin gagnant à la maison et, tous les quarts d'heure, il me rappelait de son chantier pour me demander de vérifier si le ticket était toujours là». 

«Un fort besoin d’accompagnement au changement»

«Socialement, gagner à l'Euro Millions engendre beaucoup de problèmes», expliquait à 20 Minutes le chef du service de soin aux toxicomanes de l’hôpital Marmottan à Paris. Selon lui, «il faudra forcément couper certaines relations qui ne pourraient être qu'intéressées».

Le titulaire d’un billet aux bons numéros n’est en réalité pas vraiment lâché dans la nature. A partir de 500.000 euros de gain, le joueur est considéré comme «grand gagnant» et à partir de 10 millions d’euros, comme «premium», par la Française des jeux (FDJ). Il passe alors deux jours à Paris où il vient chercher son chèque au siège. «On lui propose une prise en charge personnalisée» - et gratuite! -, détaille à 20 Minutes Brigitte Roch, responsable du service grands gagnants à la FDJ, car ces personnes ont «un fort besoin d’accompagnement au changement».

S’ils le veulent, les néo-millionaires peuvent bénéficier d’une formation sur les «fondamentaux de la banque et de la finance», qui n’est «en aucun cas du conseil de placement» mais un «décryptage» d’un univers pour beaucoup inconnu. Car le gagnant va devoir mettre son argent dans une banque, choisir des placements, calculer ses impôts, ses intérêts, gérer ses prochains achats.

«Intégrer la communauté des gagnants»

Ils ont aussi la possibilité d’échanger avec des «spécialistes en sciences humaines – philosophes, psychologues, psychiatres», poursuit Brigitte Koch. Surtout, ils sont mis en relation avec d’autres personnes qui, comme eux, ont touché une énorme somme. «Il y a un fort besoin d’être rassuré, écouté», explique la responsable de la Française des jeux, évoquant l’importance «d’intégrer la communauté des gagnants». Un dîner et un spectacle sont organisés chaque année. «Certains entretiennent le contact depuis près de 20 ans», confie-t-elle.

Car «le gain entraîne de nouvelles interrogations: faut-il continuer à travailler? Faut-il en parler?». Sur cette dernière question, le plupart choisissent de ne pas médiatiser leur victoire. «En France, l’argent appartient à la sphère privée», estime Brigitte Roch. «Et le contexte actuel n’encourage pas à dire sur la place publique» qu’on a gagné une grosse somme.

* Enora Ollivier

 
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