Des inondations ont touché la ville de Lourdes le 20 juin.
Des inondations ont touché la ville de Lourdes le 20 juin. - P. PAVANI / AFP

Propos recueillis par Maud Pierron

Mercredi, le Nord-Est a été touché par une tornade et le Sud-Ouest a connu d’importantes inondations. Comment expliquer ces phénomènes exceptionnels?

On ne peut pas vraiment parler de phénomènes exceptionnels. Finalement, ce qu’on connaît actuellement, de violents orages, des épisodes de fortes chaleurs, est une configuration météorologique qu’on peut retrouver tout l’été [en météorologie, l’été commence le 1er juin, Ndlr]. Globalement, on a eu plusieurs jours de chaleur importante dans l’Est et une petite goutte froide (petite dépression d’air frais en altitude) dans le Sud-Ouest; et le contraste entre ces masses d’air chaude au sol et ce froid d’altitude a provoqué de violents orages. Dans le Sud-Ouest, ces inondations s’expliquent car il y a eu des pluies persistantes pendant trois jours dues à une dépression qui n’a pas bougé pendant trois jours, et une fonte des neiges importantes. En Côte-d’Or, il y a eu une tornade liée à la forte instabilité à l’Est, aux fortes chaleurs au sol qui ont rencontré le froid de l’altitude.

On note toutefois une fréquence de ces événements ces derniers jours…

Il y a eu plusieurs vagues orageuses, on en parle beaucoup parce que ça a touché Paris, mais il n’y a rien d’exceptionnel au sens météorologique. Ce ne sont pas des épisodes forcément plus fréquents. Si nous avons eu de la pluie c’est parce que nous avions un déficit orageux pour la période printemps-été.

On peut tout de même parler d’un printemps pourri?

Nous avons eu un printemps perturbé, avec un excédent de pluie, un déficit d’ensoleillement et des températures en deçà des moyennes, notamment à l’ouest.

Comment peut-on envisager l’été?

On ne peut pas prévoir pour juillet-août. Rien ne laisse présager que cette période sera aussi mauvaise que le printemps. On peut remarquer déjà qu’en juin, nous avons des températures de saison, avec un petit déficit pour l’ouest, mais surtout un déficit d’ensoleillement d’environ 20% par rapport à une année classique.

Et pour les prochains jours?

Nous aurons un temps perturbé jusqu’au week-end mais ensuite ça ira de mieux en mieux, et notamment à l’ouest, où nous avons un déficit d’ensoleillement. On peut l’expliquer par le retour de l’anticyclone des Açores, qui nous avait un peu oublié. Il est resté jusque-là dans sa position hivernale, ce qui explique notre météo.

Il y a aussi eu le mois dernier des inondations historiques en Europe de l’Est. Toute l’Europe subit-elle ce temps «perturbé»?

Une grande partie de l’Europe de l’Ouest a souffert de la météo mais dans le même temps, il y a eu un très beau printemps en Scandinavie, en Russie, au bord de la mer noire. On a même atteint 30°c en Laponie.

Et malgré cela, vous ne parlez pas de météo détraquée?

Non, c’est le principe des vases communicants. S’il pleut et il fait froid d’un côté, il faut bien qu’il fasse beau d’un autre côté. C’est une situation atypique mais explicable.

Il y a eu beaucoup d’alertes météo, parfois lancées le matin même. Est-il plus difficile de prévoir le temps?

Ce qui est plus compliqué, c’est de prévoir quand il s’agit de petites dépressions, de «gouttes froides» car si on peut cibler les grandes zones où les orages doivent éclater, ce n’est pas forcément très précis. Ce sont des périodes de prévisions plus délicates que quand nous avons à faire à de grands systèmes de dépressions et d’anticyclones. Ces «gouttes froides» très localisées  ne se déplacent pas forcément comme le flux général.