Accueil des touristes à Paris: «Les vacanciers, je les trouve lourds»

REPORTAGE- La Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France (CCIR) a lancé ce mardi une campagne pour sensibiliser les professionnels parisiens aux attentes des touristes. Une problématique qui trouve peu d’échos chez les commerçants de la capitale…

Aude Massiot

— 

Le 18 juin 2013, l'opération «Do you speak touriste ?». Des guides pour mieux connaitre la clientèle touristique étrangère sont distribués aux commercants parisiens afin d'améliorer leurs relations.

Le 18 juin 2013, l'opération «Do you speak touriste ?». Des guides pour mieux connaitre la clientèle touristique étrangère sont distribués aux commercants parisiens afin d'améliorer leurs relations. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Non, je ne fais pas de différence entre un touriste ou un autre, j’ai avant tout une relation commerçant-client avec eux», tranche Mathieu, un serveur parisien travaillant sur le boulevard Haussmann. Le jeune homme n’est visiblement pas sensible aux recommandations réalisées ce mardi par la Chambre de commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France (CCIR).

«Nous avons pour politique d’accueillir tout le monde de la même manière, que ce soit un touriste ou un Parisien, explique Céline hôtesse d’accueil dans un restaurant de luxe proche de la gare Saint Lazare. Et tout est mis en place pour que la langue ne soit pas une barrière.» Pour ces professionnels, il s’agit plus de répondre aux attentes particulières de chaque client, que de s’adapter à leur nationalité.

«J’ai toujours un papier et un crayon à portée de main»

«Ils viennent chez moi pour retrouver une cuisine qui leur est proche. Et si on ne se comprend pas, on parle avec les mains, assure Adamo propriétaire d’un restaurant portugais. D’ailleurs, ils reviennent souvent parce qu’ils ont été bien accueillis.»  A écouter les commerçants parisiens, les touristes souhaitent souvent aussi savoir où se trouve un monument. Parfois même, ils demandent des conseils personnels aux vendeurs. «Les Asiatiques souhaitent une attention particulière car généralement, ils ne parlent ni le français, ni anglais, alors j’ai toujours un papier et un crayon à portée de main au cas où...», glisse la gérante d’un magasin de chaussures, situé derrière les galeries Lafayette. 

«J’ai vraiment une relation différente avec la clientèle étrangère, et la clientèle française. Avec cette dernière, il s’agit de fidéliser les clientes. On fait la conversation, on crée un lien, confie Béatrice, grande femme imposante, propriétaire dans son propre magasin de vêtements. Alors que les clientes étrangères passent en coup de vent.»

Des mécontentements réciproques

«Les vacanciers, je les trouve lourds, annonce d’un ton las Caroline, une jeune vendeuse de vêtements du quartier Saint Lazare. Ils sont froids et ont de plus en plus tendance à marchander.» Ce genre de remarque est récurrent chez les vendeurs. Caroline explique par exemple qu’elle fait l’effort de dire bonjour dans toutes les langues possibles, mais n’obtient jamais rien en retour. «Ça doit être une histoire de culture ou de mentalité différentes, mais les touristes étrangers sont beaucoup moins respectueux que les autres clients. Ils font leur tour et ne veulent pas être dérangé.» 

Mais les reproches sont réciproques. Deren, venu de Turquie avec sa compagne, dénonce le fait que «les serveurs et les vendeurs parisiens ne sont agréables que si on a de l’argent à dépenser et que l’on parle français.» Et alors qu’il parle correctement anglais, le couple regrette que personne n’ait voulu les renseigner quand ils ont demandé de l’aide. 

 

 

 

Mots-clés :

Aucun mot-clé.