Pourquoi le bac reste un marqueur d’inégalités sociales

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Publié le 16 juin 2013.

ÉDUCATION - Ce lundi donne le coup d’envoi des épreuves du bac. Un examen qui continue de présenter des écarts de réussite conséquents, selon l’origine sociale des candidats...

C’est ce lundi que les candidats vont plancher sur la première épreuve du bac. Un examen que tous n’ont pas les mêmes chances dès le départ, de décrocher. «Il y a encore de grandes inégalités dans notre pays dans l'accès au bac», a ainsi souligné mercredi Jean-Paul Delahaye, directeur général de l'enseignement scolaire, lors de la présentation de l'édition 2013 de l'examen.

Car les écarts de réussite des candidats selon leurs origines sociales, sont toujours aussi importants. La preuve selon les dernières statistiques du ministère: parmi les élèves entrés en sixième, 71,7% des enfants d'enseignants et  68,2% d'enfants de cadres supérieurs, ont finalement décroché un bac général. Contre, 20,1% des enfants d'ouvriers qualifiés, 13% des enfants d'ouvriers non qualifiés et 9,2% d'enfants d'inactifs.

Des chiffres qui n’étonnent pas Sylvain Broccolichi, maître de conférence en sociologie à l’IUFM du Nord pas de Calais et spécialiste des inégalités scolaires. «Depuis les années 60, les différents gouvernements ont tenté de démocratiser l’enseignement, mais n’y sont pas encore parvenus, puisque les enfants des CSP+ échouent deux fois moins que les autres. Et ce, parce que tous les élèves ne bénéficient pas des mêmes conditions d’apprentissage, aussi bien au sein de leur établissement, que dans leur famille», note-t-il.

Les établissements, foyers des inégalités

Pour expliquer cette situation, Sylvain Broccolichi souligne «l’accentuation de la ségrégation scolaire ces dernières années dans les grandes villes», les familles aisées trustant les établissements présentant les meilleurs résultats au bac. Et dans les autres lycées «les enseignants n’ont pas toujours les moyens d’individualiser leur pédagogie pour prendre en compte les élèves qui rencontrent des problèmes», analyse-t-il. Par ailleurs, le sociologue insiste sur l’influence de la famille dans le parcours scolaire des élèves: «les parents issus des CSP+ peuvent davantage aider leurs enfants en cas de difficultés, car ils connaissent mieux le système scolaire, maîtrisent bien les méthodes d’apprentissage et peuvent aussi financer des cours particuliers à leurs enfants».

Pour réduire les écarts de réussite au bac selon les origines sociales, le sociologue suggère de se rapprocher du modèle finlandais, qui parvient selon lui, «à assurer la même qualité d’enseignement partout». Celui-ci s’appuie notamment sur «l’intervention d’enseignants spécialisés en classe pour prendre en charge les difficultés scolaires des élèves». Un système que Vincent Peillon souhaite justement imiter via son dispositif «plus de maîtres que de classes» qui sera mis en place dans les classes de primaires des établissements les plus en difficultés, dès la rentrée 2013.

Delphine Bancaud
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