Automobile: Les Français rognent-ils sur leurs dépenses d'entretien aux dépens de leur sécurité?

VOITURE Leur budget annuel est en hausse, et certaines dépenses sont ajournées...

Maud Pierron

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Dans un garage à Strasbourg.

Dans un garage à Strasbourg. — G. VARELA / 20 MINUTES

Et si à force de voir leur budget augmenter, les automobilistes négligeaient  l’entretien de leur véhicule et donc leur sécurité? C’est l’un des risques évoqués par Didier Bollecker, président de l’Automobile club association (ACA), qui a présenté son rapport ce lundi. Le budget annuel pour 2012 est en hausse de 1,2% à 4,4%, selon les types de conducteurs, a relevé l’ACA. D'où la volonté des conducteurs, en cette période de crise, de «rogner sur tous les postes de dépenses», explique Didier Bollecker. D’abord en roulant moins, environ 3%, à 8.751 km km en 2012 pour un particulier classique. Mais aussi en limitant l’entretien de son véhicule, «ce qui est peut-être une bonne gestion de son budget mais pose problème en matière de sécurité routière», assure-t-il, sans livrer toutefois de chiffres précis.

L’expert cite la montée en puissance des sites Internet de vente de pièces détachées à bas prix, qui peuvent parfois être des pièces d’occasion. Mais il y a aussi la tendance à effectuer soi-même les réparations. «Quand c’est faire la vidange, ce n’est pas grave, mais quand ce sont les plaquettes de freins, c’est plus problématique», relève Didier Bollecker. Pas étonnant puisque d’après l’ACA, le prix de la main-d’œuvre a augmenté en moyenne de 3,7% et celle des pièces détachées de 2,8%. Il cite également le vieillissement du parc automobile, qui s’établit à 8,2 ans, et donc des véhicules moins «sûrs».

Du choix de l’économie

Même constat du côté de l’association 40 Millions d’automobilistes. «Les automobilistes sont prix à la gorge. Il faut tailler dans le budget, on rechigne sur l’entretien car on ne peut pas ne pas se servir de son véhicule», relève Pierre Chasseray, président de l’association. Il cite «les dates des contrôles techniques qu’on repousse», «les petites réparations qu’on met de côté», «l’entretien retardé», «les pneus  qui  sont changés de plus en plus tardivement». Une tendance constatée par l’expert du magazine spécialisé Auto Plus. « Notre expert automobile voit de plus en plus de cas où la voiture n’a pas été entretenue correctement», explique Sandrine Darré, journaliste au magazine.

Pour elle, cela provoque un «risque car au moindre défaut d’entretien, les constructeurs ne remboursent pas telle ou telle réparation». Par ailleurs, un défaut d’entretien entraîne souvent une surconsommation de carburant. Donc ce qui est économisé d’un côté est dépensé de l’autre côté. Pas forcément un bon calcul. En revanche, en terme de sécurité, Sandrine Darré relativise: «ce ne sont pas sur les plaquettes de freins ou les pneus que les gens font le plus d’économie mais plutôt sur les vidanges». Les Français font donc bien la différence entre les dépenses qui peuvent être ajournées et celles qui mettraient leur sécurité et celle des autres en danger.

Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, parle même «d’opération de communication de l’ACA qui ne repose sur aucun chiffre tangible». Pour elle, la crise a même des «effets secondaires positifs» qui font qu’actuellement, il y a moins de morts sur les routes car «ce qui est tangible c’est que les gens roulent moins car le carburant coûte cher et roulent moins vite pour consommer moins et éviter des amendes».

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