Comment vaincre la bête noire des parents: les profs absents non remplacés ? Ce sujet figure parmi les principaux thèmes de réclamations reçues en 2012 par la médiatrice de l’Education nationale, qui a rendu public son rapport annuel ce jeudi.

Principal fléau : les absences de courte durée des enseignants. Car si le système éducatif couvre 96% des absences toutes durées confondues, 80% de celles qui ne sont pas remplacées sont de courte durée. D’où les réclamations virulentes des parents. Ceux dont les enfants sont scolarisés dans le premier degré «insistent sur l’importance pour un petit d’avoir un maître référent, de bénéficier d’un certain cadre», souligne Monique Sassier, la médiatrice. Ceux dont les enfants sont élèves du second degré pointent le fait que l’école ne remplit pas son rôle si elle ne dispense pas le nombre d’heures de cours prévues dans le programme.

Mais selon Monique Sassier, il existe plusieurs solutions pour endiguer ce fléau des absences courtes non remplacées. «Nous voudrions que la notion d’heures perdues disparaisse au profit de l’heure libérée», annonce-t-elle. Plutôt qu’attendre qu’un enseignant de la même discipline vienne remplacer au pied levé son confrère malade, ce qui est souvent difficile à mettre en œuvre, la médiatrice milite pour trouver des solutions à l’intérieur même de l’établissement. Ce qui impliquerait une organisation plus souple.

Vers plus de souplesse interdisciplinaire

Elle préconise notamment de penser en termes d’enseignements remplacés sur l’année, au lieu de raisonner selon une logique comptable d’heures à remplacer. «Il n’est pas sûr qu’il faille remplacer une heure de maths par une heure de maths», indique-t-elle, suggérant par exemple, qu’un prof de Français échange ses heures de cours avec son collège de maths absent. «Il prendra de l’avance dans sa discipline et rétrocédera un temps de cours à son collègue lorsqu’il sera de retour».

Autre proposition audacieuse : permettre aux enseignants qui le souhaitent, d’enseigner dans une autre discipline que la leur en cas d’absence d’un collègue. Et même favoriser la «circulation des enseignants entre les diverses catégories d’établissement (lycée professionnel et lycée général par exemple».

De manière plus consensuelle, Monique Sassier suggère aussi que les élèves puissent davantage travailler en groupe sur leurs devoirs, avoir recours au numérique pour exploiter d’autres sources pédagogiques ou puissent davantage plancher au Centre de documentation et d’orientation (CDI). Elle estime aussi qu’il faudrait davantage solliciter les assistants d’éducation dans ces cas-là.

Des propositions qui ne devraient pas toutes séduire les syndicats d’enseignants, car elles impliqueraient une évolution de leurs missions et une plus grande polyvalence.

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