Pour Paris, la levée de l'embargo sur les armes en Syrie n'est «pas une décision belliqueuse»

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Publié le 28 mai 2013.

MONDE - Pour le ministère des Affaires étrangères, la vraie question est celle de la «traçabilité» des armes...

La décision européenne de lever l'embargo sur les armes n'est «pas une décision belliqueuse», a affirmé mardi Paris, alors que Moscou a estimé que cette levée portait «préjudice» aux efforts russo-américains d'organiser une conférence de paix sur la Syrie.

>> Lire ici les réactions à cette décision...

«La décision de lever l'embargo n'est pas une décision belliqueuse, elle vient à l'appui de la solution politique. Notre objectif, c'est la tenue de cette conférence de Genève», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot.

«Lever l'embargo n'est pas nécessairement une décision de livrer des armes» à l'opposition syrienne, a-t-il précisé, tout en soulignant que le délai convenu par les Européens jusqu'au 1er août pour d'éventuelles livraisons n'était pas juridiquement contraignant.

«Protéger la population»

Interrogé sur la date du 1er août figurant dans le compromis européen, Philippe Lalliot a expliqué qu'il s'agissait d'une déclaration «politique» qui n'engageait pas juridiquement les Etats-membres.

Mais «notre décision aujourd'hui est une décision de lever [l'embargo], pas de livrer» des armes, a-t-il répété.

Tout va dépendre «des évolutions en cours sur le terrain, des évolutions de l'opposition, et des évolutions diplomatiques», a-t-il expliqué.

«La décision de livraison sera prise nationalement, et en fonction des demandes faites par l'opposition», a rappelé Philippe Lalliot, soulignant que les insurgés syriens réclamaient «des armements pour protéger la population contre les attaques aériennes, et des blindés terrestres».

Traçabilité des armes

«Le vrai sujet est celui de la traçabilité des armes. Si nous décidions de livrer des armes ce serait à des groupes que nous voulons voir promus dans la Syrie de l'après Assad, ce qui pose la question de la structuration militaire de l'opposition syrienne», a-t-il dit.

«On a déjà testé un certain nombre de filières [pour livrer aux rebelles, ndlr] du matériel médical, du matériel non létal. Nous l'avons fait avec des exigences de traçabilité. C'est le même type d'assurances que nous voudrions avoir pour les armes», a ajouté le porte-parole.

L'UE, profondément divisée, a décidé dans la nuit de lundi à mardi de lever l'embargo sur les armes à destination de l'opposition syrienne, sous la pression de Londres et, dans une moindre mesure, de Paris.

Toutefois, la déclaration politique accompagnant cet accord précise que les pays ne livreront pas d'armes à ce stade et que le Conseil des ministres européens réexaminera la question le 1er août. Il s'agit de ne pas mettre en danger l'initiative de paix russo-américaine devant permettre la tenue d'une conférence internationale à Genève en juin.

Avec AFP
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