La France a le taux de naissances d'enfants sans vie le plus élevé d'Europe

SOCIETE L'Inserm attribue ce mauvais résultat au fait que près de la moitié des mort-nés seraient attribuables à des interruptions médicales de grossesse...

avec AFP

— 

Illustration: Une femme tient la main d'un bébé.

Illustration: Une femme tient la main d'un bébé. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La France a le taux de naissances d'enfants sans vie (ou mort-nés) le plus élevé d'Europe et se trouve dans une position très moyenne en ce qui concerne les autres indicateurs de la santé périnatale, c'est-à-dire entourant la période de la naissance, selon un rapport européen rendu public lundi.

Selon le rapport du projet Euro-Peristat (en anglais), coordonné par l'Inserm, le taux d'enfants nés sans vie atteignait 9,2 pour 1.000 naissances en France en 2010, soit le plus mauvais score enregistré en Europe, comme c'était déjà le cas dans l'enquête précédente, réalisée en 2003.

La prématurité reste importante en France

L'Inserm attribue ce mauvais résultat au fait que près de la moitié des mort-nés en France seraient attribuables à des interruptions médicales de grossesse (IMG), soit une proportion «bien supérieure à celle qu'on observe dans les autres pays». Ceux-ci peuvent en effet distinguer les IMG des autres mort-nés et pratiquent davantage d'IMG avant 22 semaines, non comptabilisées dans les naissances d'enfants sans vie.

La France se situe également au 17e rang européen pour la mortalité néonatale (décès dans les 27 premiers jours après la naissance), avec un taux de décès de 2,3 pour 1.000 naissances vivantes, alors que les taux varient de 1,2 à 5,5 en Europe.

La prématurité (naissance avant 37 semaines d'âge gestationnel) reste importante en France où le phénomène est en hausse, alors qu'il est baisse dans une dizaine de pays européens : le taux est passé de 6,3 à 6,6% des naissances vivantes entre 2003 et 2010, plaçant la France au 10e rang européen en 2010.

Plus de grossesses gémellaires

Même préoccupation pour les grossesses gémellaires qui présentent un risque élevé pour la santé des femmes et des enfants et dont le nombre est passé de 15,8 pour 1.000 femmes venant d'accoucher en 2003 à 17,4 pour 1.000 en 2010, principalement en raison de l'augmentation de l'âge maternel.

La mortalité maternelle s'élevait quant à elle à 8,4 pour 100.000 naissances au cours de la période 2006-2010 alors qu'elle fluctue entre 0 et 25 pour 100.000 naissances dans les autres pays étudiés. Mais l'Inserm relève que ces taux sont à interpréter avec prudence, car ils sont «nettement sous-estimés» dans certains pays.

Pour les césariennes, la France se situe «dans les pays à taux plutôt bas», avec un taux de 21% qui a eu tendance à se stabiliser ces dernières années alors qu'il peut atteindre plus de 50% dans certains pays européens.

17% des femmes fument pendant la grossesse

Parmi les facteurs de risques, le rapport Euro-Peristat a étudié l'obésité qui a augmenté en France : elle concernait 9,9% des femmes qui ont accouché en 2010 contre 7,4% en 2003, un taux «relativement faible» en Europe, selon l'Inserm

La France se situe en revanche en position moyenne en ce qui concerne le pourcentage de femmes de 35 ans et plus qui accouchent, soit 19,2% en 2010, et en mauvaise position pour les femmes qui fument pendant la grossesse (17%) alors que ce taux varie entre 5 et 19% en Europe.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.