Olivier Ciappa, photographe.
Olivier Ciappa, photographe. - Olivier Ciappa.

Propos recueillis par Vincent Colas

L’histoire a commencé avec une photo de lui et de son compagnon avec un bébé. En quelques jours, le cliché publié sur Internet est vu par des millions de personnes dans le monde entier. Surpris par le buzz généré par cette image, Olivier Ciappa se dit que l’impact serait encore plus fort si c’était des personnalités qui posaient.

>> Le travail d’Olivier Ciappa en diaporama est à retrouver par là…

Comment vous est venue l’idée de ces séries photographiques? 

Tout a commencé avec la photo où je suis avec mon compagnon et un bébé. Elle a été vue par des millions de personnes dans le monde entier. En quelques jours, elle a fait plus de 10.000 partages et 10.000 «like» sur Facebook et a réussi à faire changer les mentalités. L’impact a été si fort que je me suis demandé comment toucher encore plus de monde. C’est là que j’ai pensé à mettre en scène des personnalités.

 

Elles ont été difficiles à convaincre? 

Pendant deux mois, je n’ai fait aucune photo. Personne ne réagissait à mes demandes. Du coup, j’ai commencé à les attendre à la sortie des théâtres ou des concerts pour leur présenter mon projet directement. Et à partir du moment où je suis passé directement par les artistes, aucun ne m’a dit non. Je me suis aperçu que les attaché-e-s de presse n’avaient même pas transmis mes propositions. Sûrement parce que le «mariage pour tous» est un sujet clivant – la moitié de France y est quand même opposée -, et qu’ils devaient avoir peur que ça les coupe d’une partie de leur public. Certains comme Tomer Sisley, Bruno Putzulu ou Hélène de Fougerolles m’ont contacté directement. Mais pour la plupart, c’est moi qui ai essayé de les atteindre.

 

Comment se sont déroulés les shootings des «couples imaginaires»? 

La grosse difficulté, c’est qu’ils ne devaient surtout pas poser car la photo n’aurait pas été naturelle. Les deux nageurs Fred Bousquet et Florent Manaudou (une photo encore inédite, ndlr) sont vraiment ensemble. Je leur ai dit: «Vous êtes avec la personne que vous aimez. Pas un homme, pas une femme.» Puis, au fur et à mesure de la séance, je m’efface pour qu’ils soient l’un avec l’autre. Et comme personne n’a jamais fait semblant, ça a donné des photos extrêmement intimes…

 

Comme la scène du bain entre Anne Marivin et Axelle Laffont… 

Au début, elles ne savaient pas trop où elles allaient. Et moi, ma grosse peur, c’était de photographier des lesbiennes pour faire fantasmer les hétéros. Ce qui n’était évidemment pas le but. Ce sont toujours elles qui m’ont proposé d’aller plus loin… jusqu’à cette scène du bain. Au départ, Axelle Laffont voulait une photo tendre de deux femmes après un 69. Mais de nombreuses images avaient un caractère trop sexuel, c’est pourquoi je ne les ai pas présentées.

 

>> Anne Marivin, Axelle Laffont, Roselyne Bachelot, Audrey Pulvar et Olivier Ciappa au «Grand Journal»...

 

Il y a aussi dû avoir de grosses parties de rigolade. Notamment avec François-Xavier Demaison et Antoine de Caunes? 

Pas du tout. Ils crevaient tellement d’envie de bien faire qu’ils étaient très concentrés et extrêmement à l’écoute. Ils se sont tout de suite mis dans le mode: «On est en couple», pas du tout en mode humour.

Les photos de couples imaginaires sont à retrouver en grand format à Paris à la mairie du 12e à partir du 5 juin, à celle du 10e à partir du 11 juin, et dans les jardins de celle du 3e à partir du 16 juin.

Elles doivent aussi faire le tour de la France, mais les dates et les villes ne sont pas encore connues (toutes les infos sont à retrouver au fur et à mesure sur le site du photographe: www.olivierciappa.com)

>>> Pour soutenir le travail d’Olivier Ciappa pour lutter contre l’homophobie, c’est par là...