Les Chinois créent un nouveau virus de grippe aviaire en laboratoire

SANTE – Une expérience qui divise la communauté scientifique...

Alexandra Luthereau avec AFP

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Des poulets morts de la grippe H5N1 à Hong-Kong, le 21 décembre 2011.

Des poulets morts de la grippe H5N1 à Hong-Kong, le 21 décembre 2011. — © Siu Chiu / Reuters

Ce virus-là n’a pas encore de nom. Et pour cause, ce virus est né en laboratoire à partir de manipulations génétiques. Ses parents s’appellent H5N1 et H1N1. Le premier, particulièrement dangereux -mortel dans 60% des cas- se transmet aux humains par les oiseaux mais pas d’humain à humain. Le H1N1, lui, est très contagieux mais guère plus mortel qu’une grippe ordinaire.

«Les virus aviaires de sous-type H5N1 ont le potentiel requis pour devenir transmissibles aux mammifères», concluent les chercheurs chinois de l’Académie des sciences agricoles de Gansu dans leur étude. Pour les scientifiques, cette expérience génétique avait pour objectif de démontrer la facilité de transmission entre animaux d’un virus issu de la modification du très dangeureux H5N1. En l’occurence, l’équipe chinoise, a prouvé que ce nouveau virus se propageait facilement entre cochons d’inde par voies respiratoires.
 

De possibles fuites?

Certains scientifiques estiment que ce genre d’expérience est nécessaire pour anticiper des échanges de matière génétique entre virus qui peuvent se produire de manière naturelle. Pour John Oxford, virologue à l'Université Queen Mary de Londres, la mutation de virus représente une menace. «Tôt ou tard, un individu sera infecté par les deux souches, c'est statistique», prévient-il. D’où l’utilité de se préparer à de telles éventualités, préparer des stocks de vaccins de grippe contre le H5N1.
 
Mais d’autres scientifiques s’inquiètent de l’expérience chinoise. «Ce sont des virus créés par l'homme, ils n'ont jamais été fabriqués par la nature. Ils sont conservés dans un congélateur», a expliqué à l'AFP le virologue Simon Wain-Hobson, de l'Institut Pasteur. «Autrement dit, si quelqu'un commettait une erreur, ou qu'il y ait une fuite ou quelque chose de ce genre, le virus pourrait contaminer les gens et provoquer entre 100.000 et 100 millions de morts», insiste le virologue. Pour appuyer son argument, Simon Wain-Hobson rappelle l’épizootie de 2007 en Grande-Bretagne causée par des fuites de fièvre aphteuse depuis des laboratoires.

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