Les violences anti-homosexuels se multiplient

HOMOPHOBIE Les associations sont débordées d’appels à l’aide

Matthieu Goar

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La photo du visage de Wilfred, publiée sur Facebook le lendemain de l'agression dont il a été victime avec son compagnon, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 avril à Paris

La photo du visage de Wilfred, publiée sur Facebook le lendemain de l'agression dont il a été victime avec son compagnon, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 avril à Paris — Capture Facebook

Agressions dans des bars gays à Lille et Bordeaux, onze interpellations lors d’une manifestation qui a dégénéré à Paris, menaces de morts contre des parlementaires notamment deux députés vendéens que l’on souhaite «faire sauter avec des explosifs», déclaration sanguinaire de l’UMP Philippe Cochet lançant dans l’hémicycle «vous êtes en train d’assassiner des enfants»…

En moins de 24 heures, les violences anti-homosexuels se sont multipliées en France. A tel point que le président de la République a appelé au calme, dénonçant des actes «homophobes et violents». «Ce n’est pas un report qu’ils demandent, mais c’est le fait que cette loi ne puisse jamais intervenir. Ça s’appelle la mise en cause d’un principe: la loi doit être respectée», a analysé François Hollande.

«La parole homophobe s’est libérée»

S’il est pour le moment impossible d’obtenir des données exactes, les agressions verbales et physiques inquiètent les associations homosexuelles, qui s’alarment depuis des semaines d’une dégradation du climat. Il y a dix jours, le tabassage d’un couple homo dans le 19e arrondissement avait ému. La ligne d’écoute de SOS homophobie a reçu 100 appels la semaine dernière, 60 la semaine précédente. «En moyenne, il y en a trois fois plus qu’à la même époque l’an dernier. Entre janvier et février, nous avons reçu plus d’appels que pendant le premier semestre 2012», constate Elisabeth Ronzier, présidente de l’association.

Le Refuge, qui accueille les jeunes homosexuels chassés de leur famille, a également vu ses lignes téléphoniques exploser (de 150 appels en décembre à 450 en janvier). «Le temps d’écoute par appel a été multiplié par deux et nous constatons de plus en plus de désarroi. Notamment lorsque des jeunes découvrent que leur entourage approuve à voix haute des remarques anti-homo prononcées à la télé», explique Nicolas Noguier, président de l’association, qui est passée de deux à trois jeunes accueillis par semaine à sept à huit.

La plupart des opposants à ce projet de loi, ainsi que les responsables de la Manif pour tous, ont condamné ses violences. Mais, à quelques heures de la fin du débat parlementaire dont ils n’ont pas supporté l’accélération du calendrier, les anti ont appelé à manifester «tous les jours», notamment les dimanches 21 avril et 5 mai, «jusqu’après la promulgation», a promis Frigide Barjot. «La parole homophobe s’est libérée et le personnel politique, à force d’argumenter en disant que l’homosexualité est différente, porte une grande responsabilité dans cette dérive», condamne Elisabeth Ronzier.

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