Le cinéma Louxor de Barbès ouvre ses portes après trois ans de travaux

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Publié le 17 avril 2013.

CULTURE - Le seul cinéma au décor néo-égyptien de Paris a dévoilé ce mercredi ses têtes de pharaons, colonnes en palmiers et frise colorée…

Les palmiers rappliquent dans la capitale. Non pour Paris Plages, mais pour l’inauguration ce mercredi d’un palais du cinéma extravagant et historique: le Louxor au carrefour entre 9e, 18e et 10e arrondissements. Après trois ans de travaux, ce cinéma de Barbès, au cœur d’un quartier populaire et peu pourvu question 7e art accueille à nouveau les cinéphiles. Cet unique temple parisien au décor néo-égyptien n’a exhibé ses atours que de 1921 à 1930… avant d’épouser le style néo-grec.

 Une boite de nuit dans les années 1980

Du moins à l’intérieur, car la façade, classée, arborait encore sur le boulevard Magenta une frise aux couleurs de l’Egypte. Le cinéma, devenu boîte de nuit dans les années 1980 avant d’être abandonné en 1987 a retrouvé sa splendeur d’antan grâce à un «coup de tête», selon les propres mots du maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), mais aussi au travail d’une quarantaine de corps de métier, à la vision de l’architecte et à la persévérance d’associations attachées à ce cinéma d’Art et Essai.

 

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«Un kitsch assumé»

Les trois salles programmeront dès jeudi une filmographie des pays du sud en permanence. Les spectateurs pourront bénéficier d’expositions photo dans l’ancienne buvette et de petits concerts dans la salle moyenne. Dans la salle principale de 340 places, baptisé Youssef Chahine, grand cinéaste égyptien, trônent des têtes de pharaons, des colonnes en palmiers, des cobras et vautours sur un plafond en caissons.

«C’est un kitsch assumé, cohérent avec l’extérieur, reconnaît l’architecte Philippe Pumain, qui a constitué ce décor à partir de deux photos en noir et blanc d’époque de la salle. On est dans une fantaisie liée à la magie du cinéma.» Au sous-sol, deux salles plus étroites et sobres ont été créées. Dans un décor de velours, l’architecte a glissé des clins d’œil à l’esthétique égyptienne: des colonnes, une voûte en anse de panier, un plafond bleu profond étoilé…

Au troisième étage, place au bar et à sa terrasse qui surplombe le métro aérien. Mais attention, seuls les spectateurs munis de billets pourront admirer les mosaïques colorées et vitraux célébrant la fleur de lotus. Un point de vue qui séduit Bertrand Delanoë, ravi de souligner que les travaux ont coûté 4 millions de moins que prévu (25 millions d'euros au lieu de 29 millions) : «Quand je ne serai plus maire, je viendrai y faire la fête!» 

Oihana Gabriel
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