L'incroyable parcours médiatique d'une étude sur le soutien-gorge

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Publié le 12 avril 2013.

DÉCRYPTAGE - De France Bleu Besançon au site américain Gawker, elle a été subitement et massivement relayée par les médias cette semaine. «20 Minutes» vous raconte pourquoi...

«Ça commence un peu à me saouler». Depuis le début de la semaine, le téléphone de son bureau du CHU de Besançon, où il exerce comme médecin du sport, n'arrête pas de sonner. Contacté par 20 Minutes, Jean-Denis Rouillon précise: «C'est sans arrêt. Cet après-midi, j'ai encore une équipe de télévision allemande qui doit venir me filmer.»

>> L'interview de Jean-Denis Rouillon sur son étude est à lire par ici

La raison de cet intérêt soudain? Une étude sur les effets du soutien-gorge sur la poitrine, que ce professeur à l'université de Franche-Comté mène depuis 1997 avec son équipe C3S (culture, sport, santé, société). Et qui n'avait jusqu'ici suscité qu'un intérêt limité.

Tout est en fait parti d'une chronique, diffusée sur France Bleu Besançon le dimanche 7 avril. «J'avais déjà parlé de cette étude, il y a sept ans», a expliqué à 20 Minutes le chroniqueur radio, par ailleurs salarié de l'université, qui s'occupe depuis huit ans d'alimenter ce programme radiophonique en sujets scientifiques.

C’était en 2006. Une première thèse qui s'appuyait sur les travaux du médecin avait alors été publiée (une seconde l'a été en 2009). Mais depuis, plus rien. «La dernière fois que j'ai présenté des résultats par oral, c'était au mois de mai, lors d'un congrès d'ostéopathes», détaille Jean-Denis Rouillon.

France Bleu, M6, Chérie 25…

Il n'y avait donc pas d'actualité particulière sur le sujet, comme l’admet le chroniqueur radiophonique: «J'avais juste reçu un mail du professeur, qui donnait des nouvelles de l'avancée de ses travaux». Le jeune homme décide alors de remettre un coup de projecteur sur cette «belle histoire de recherche».

Une belle histoire qui va rencontrer un bel écho. Car une fois sa chronique en boîte, le débat s'engage lors d'un déjeuner avec ses collègues de la radio locale. Ces derniers décident alors de proposer un sujet sur France Bleu Besançon, qui sera diffusé le mercredi. L'histoire aurait pu s'arrêter là.

Sauf que le sujet intéresse. Il est donc repris à l'échelon supérieur, sur France Info. Et là, tout s'emballe. Passant de sites en sites, l'histoire se retrouve au journal de M6, dont une équipe était venue mi-janvier pour filmer le médecin. «Mais j'ai aussi eu un sujet diffusé sur la chaîne TNT Chérie 25, le 28 mars», sourit Jean-Denis Rouillon.

Faire connaître son étude

Mais là, son étude a franchi un palier, en étant notamment reprise sur Gawker, site américain à forte audience, ou sur celui du New York Post. Un battage médiatique planétaire, dont certains côtés agacent le médecin. Comme la reprise de titres chocs. «Je n'ai jamais dit: “enlevez vos soutiens-gorge!”», insiste-t-il en effet.

Patient, il prend tout de même le temps d'expliquer ses recherches. «J'accepte de répondre, parce que je compte un peu sur les médias pour faire connaître cette étude», reconnaît-il. Une équipe de recherche australienne s'est déjà dite intéressée, indique le médecin. Mais «ce qu'il faudrait maintenant, c'est qu'un grand établissement de recherche s'empare de mes résultats préliminaires, pour poursuivre l'étude».

Jean-Denis Rouillon va donc continuer de répondre au téléphone. En espérant ne pas toujours avoir des journalistes au bout du fil.

Mathieu Gruel
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