Le 07 avril 2013. Portrait d'Herve Lebreton devant l'assemblee nationale.
Le 07 avril 2013. Portrait d'Herve Lebreton devant l'assemblee nationale. - V. WARTNER / 20 MINUTES

«C’est l’histoire du pot de terre contre le pot de fer», estime-t-il. Mais, en plein débat sur la moralisation de la vie politique après l’affaire Cahuzac, Hervé Lebreton a de réelles chances de faire plier le gouvernement. Ce professeur de mathématiques se bat, depuis plus de deux ans, pour obtenir des informations sur la réserve parlementaire. Opaque, cette cagnotte estimée à 150 millions d’euros est attribuée chaque année par l’Etat aux députés et sénateurs qui la réclament afin de financer des projets locaux ou de subventionner des associations de leurs circonscriptions. Mais, impossible de savoir quels parlementaires la demandent, et ce qu’ils en font.

«C’est l’argent du contribuable»

«Chacun a le droit de savoir comment est utilisé l’argent du contribuable. Encore plus dans la période actuelle, confie ce quadragénaire qui a créé l’Association pour la démocratie directe, afin d’arriver à ses fins. Je veux pouvoir connaître la somme, la collectivité concernée, le projet et le nom du parlementaire qui l’a soutenu.» Las de ne pas obtenir de réponses à ces courriers, Hervé Lebreton a donc engagé un recours pour «excès de pouvoir» contre le ministère de l’Intérieur. Le tribunal administratif de Paris doit examiner sa requête ce lundi matin. «Le ministère de l’Intérieur valide les projets de subventions attribuées aux collectivités locales, poursuit le requérant. Mais il refuse de m’en communiquer la liste...»

Le rapporteur public va donner un délai de trois mois à Valls

Interrogé au Sénat à ce propos, Manuel Valls avait pourtant assuré, le 6 février, que la fameuse «liste pouvait être communiquée sur simple demande». Le ministre de l’Intérieur pourrait bien y être forcé par la justice. Selon nos informations, le rapporteur public auprès du tribunal administratif  devrait confirmer que le ministère n’a pas respecté ses engagements et lui laisser un délai de trois mois pour le faire. «On va enfin savoir à quoi servent nos impôts», se réjouit Hervé Lebreton.

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