La porte-parole du «printemps français» Béatrice Bourges, le 27 mars 2013, sur les Champs-Elysées, à Paris.
La porte-parole du «printemps français» Béatrice Bourges, le 27 mars 2013, sur les Champs-Elysées, à Paris. - V. WARTNER/ 20 Minutes

«Un bébé est né!» Panneaux à la main, au sommet de ces Champs-Elysées tant convoités dimanche lors de «La Manif pour tous», Béatrice Bourges est fière d’annoncer l’arrivée du «Printemps français», dont elle est la «porte-parole». Un «bébé» qui a une maman, donc, et une seule. Le mouvement tente de s’officialiser deux jours après la manifestation des opposants au mariage pour tous, à l’issue de laquelle une brouille est apparue entre Béatrice Bourges et Frigide Barjot. La première, présidente du «Collectif pour l’enfant» et ancienne candidate aux législatives à Versailles, investie par le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, a été évincée du porte-parolat de «La Manif pour tous». Son tort: avoir soutenu la proposition d’«occuper les Champs-Elysées» malgré l’interdiction de la préfecture de police.

Pour autant, il n’y a pas de «scission», assure celle qui qualifie les récentes tensions d’«épiphénomène». Béatrice Bourges préfère le terme de «complémentarité» pour évoquer les relations entre le «Printemps français» et «La Manif pour tous» -«comme un homme et une femme, s’amuse-t-elle, ça tombe bien!». Sauf que du côté de Frigide Barjot, le discours n’est pas tout à fait le même. «Ils ont copié nos méthodes de communication, notre charte graphique, je leur ai demandé d’arrêter d’utiliser mon image, ce ne sont pas des méthodes», a-t-elle déclaré à 20 Minutes. Alors, les partisans du «Printemps français» vont-ils devoir laisser de côté les symboles de «La Manif pour tous»? «S’ils le demandent…», répond, évasive, Béatrice Bourges.

«Résistance pacifique»

Mais qui se cache donc derrière le «Printemps français»? «Nous sommes les anonymes de la République, des citoyens de seconde zone méprisés par le pouvoir», écrit le collectif sur son site Internet. Ou encore: «Le Printemps français est un mouvement spontané et populaire, profondément pacifique , dont toutes les actions se déroulent contre la loi Taubira, strictement illégitime».

Difficile d’en savoir davantage sur l’identité de ses membres. Béatrice Bourges évoque «un mouvement spontané de personnes», dont «beaucoup sont venues de régions», unies dans la «résistance pacifique» pour dénoncer un «déni de démocratie». Et «spontané», c’est bien le maître mot des participants. «Je n’appartiens à rien», insiste Axel Rokvam, 25 ans, venu participer à cette «première action officielle» du «Printemps français».

S’il est déjà bénévole «dans des associations pour aider les personnes âgées ou les SDF», le jeune homme assure que «c’est la première fois qu’il s’intéresse un peu à la politique». Mais pour lui «c’est finalement la même chose», à savoir «la défense des plus faibles». «Je cherche à défendre des enfants face à un projet que je trouve monstrueux, même si personne n’ose le dire, même si les médias ne cherchent pas à faire entendre cette voix». Selon les adhérents à ce «Printemps français», le mouvement est par ailleurs voué à aller «au-delà du projet de loi Taubira», parce qu’il exprime «le ras-le-bol» de la «minorité silencieuse».

«On espère que ça ne finira pas comme les révolutions arabes!»

Mais dans tous les cas, pas question de radicalisation, selon les participants. Même si Frigide Barjot, elle, évoque un «groupuscule» qui doit «rester à l’écart». Le mouvement se veut «pacifique» -«les casseurs, vous ne les trouverez pas ici», soutient un des jeunes qui a fait le déplacement sur les Champs-Elysées ce mercredi. Rien à voir par exemple avec Civitas, s’empressent de préciser, en choeur, les soutiens du «Printemps français».

Le choix du terme «Printemps français» est «peut-être une référence» aux révolutions arabes, concède Béatrice Bourges. «On espère que ça ne va pas finir pareil!», plaisante-t-elle, avant de reprendre son sérieux pour assurer que le mouvement «ne conteste pas la légitimité de François Hollande, qui a été élu». Seulement, «il a été élu pour être le Président de tous les Français, mais il n’écoute pas  tout le monde».

Combien sont-ils ? Impossible de le dire à l’heure actuelle, admet la porte-parole, qui signale juste «avoir reçu des centaines et des centaines de mails», à tel point que «sa boîte électronique est saturée». Une page Facebook créée le 15 mars a été «likée» par 710 personnes, tandis que le compte Twitter rassemble à peine 570 internautes. Le «Printemps français» espère se faire connaître en menant des actions dévoilées au goutte-à-goutte, parce que «le propre d’un réseau de résistance est de ne pas annoncer ses projets». Ce mercredi soir, devant la préfecture de police, le mouvement devait ainsi révéler ses «hommen» -alter ego des Femen.

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