La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait "écarté l'idée de recruter" Mohamed Merah avant qu'il tue au nom de l'islam trois militaires et quatre juifs il y a un an, a affirmé dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.
La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait "écarté l'idée de recruter" Mohamed Merah avant qu'il tue au nom de l'islam trois militaires et quatre juifs il y a un an, a affirmé dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. - Kenzo Tribouillard AFP

avec AFP

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait «écarté l'idée de recruter» Mohamed Merah avant qu'il tue au nom de l'islam trois militaires et quatre juifs il y a un an, a affirmé dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. «C'est peut-être une idée qui a été évoquée un moment mais ceux qui le connaissaient au plan local ont totalement écarté cette idée», a répondu sur BFMTV le ministre, à qui l'on demandait si la DCRI n'avait pas eu l'intention de recruter comme «indic» le jeune homme qu'elle surveillait. Cette hypothèse notamment évoquée par la famille d'un des trois militaires tués par Mohamed Merah a été aussi «catégoriquement» exclue par l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui a assuré dimanche que le tueur au scooter «n'a jamais été un indicateur des renseignements français».

«Personne n'a jamais décelé d’intention criminelle chez lui»

Manuel Valls a estimé une nouvelle fois dimanche qu'il y a eu des «dysfonctionnements» et des «fautes» dans la surveillance du jeune homme, qui s'est notamment rendu au Pakistan. «La DCRI a considéré pendant des années Mohamed Merah comme un être, comme un individu, comme un personnage particulièrement dangereux. Après son retour de l'Afghanistan, il a été considéré qu'il ne l'était plus», a observé Manuel Valls. «C'est ce qui est incompréhensible pour les familles et pour le ministre de l'Intérieur que je suis. Il faut comprendre ce qui s'est passé pour que cela ne se reproduise plus», a-t-il ajouté. De son côté, Claude Guéant a rappelé qu'entre 2007 et 2012, Mohammed Merah «a fait l'objet de dizaines d'écoutes téléphoniques (...), de filatures très longues. Il y a eu un abandon du suivi de Merah puis une reprise du suivi à son retour du Pakistan» en novembre 2011. «L'appréciation a été faite qu'il ne représentait pas de signe de dangerosité, d'intension criminelle», a expliqué Claude Guéant. «Personne n'a jamais décelé d’intention criminelle chez lui (...) C'est terrible de dire cela. Il nous a roulés», a-t-il dit lors de l'émission «Tous politiques» (France Inter/Le Monde/AFP).