President of South Pacific archipelago of Polynesia Oscar Temaru (C) is seen during a parliament session on March 29, 2012 in Papeete, in the southern Pacific island of Tahiti. Oscar Temaru reiterated on March 29, 2012 his attack against France's incumbent president and UMP party candidate for the French 2012 presidential election Nicolas Sarkozy, that he accused on March 22, 2012 of having "hands full of blood". 
 President of South Pacific archipelago of Polynesia Oscar Temaru (C) is seen during a parliament session on March 29, 2012 in Papeete, in the southern Pacific island of Tahiti. Oscar Temaru reiterated on March 29, 2012 his attack against France's incumbent president and UMP party candidate for the French 2012 presidential election Nicolas Sarkozy, that he accused on March 22, 2012 of having "hands full of blood".  - AFP PHOTO / GREGORY BOISSY

Isabelle Raynaud

Le président de la Polynésie française a décidé de faire ajouter sa collectivité à la liste de l’ONU des Territoires non-autonomes à décoloniser. La réinscription sera soumise «en mars» a déclaré Oscar Temaru à l’AFP. Si la résolution était votée, elle ne provoquerait pas l’indépendance de la Polynésie mais permettrait d’entamer un processus d’autonomie du territoire, comme celui déjà en cours en Nouvelle-Calédonie.

«Nous sommes déterminés, déterminés à y aller pacifiquement, mais fermement», a assuré Richard Tuheiava, sénateur polynésien apparenté PS aux Nouvelles de Tahiti. Avec le président de la collectivité, ils ont organisé à New York plusieurs réunions pour présenter leur texte.

La France opposée au projet

Mardi, face à des représentants de différents Etats, Oscar Temaru et Richard Tuheiava ont pour la première fois rencontré l’ambassadeur de France aux Nations unies, Gérard Araud. «Il a, semble-t-il, insisté sur le fait que les institutions en Polynésie françaises fonctionnent, sans crise politique ni conflit», rapporte Les Nouvelles de Tahiti dans son édition de mercredi.

«A l’écouter, le seul langage que la France entend, il faut qu’il y ait conflit, comme en Algérie ou d’autres territoires... On a dépassé cet âge-là!», a déploré Oscar Temaru auprès du journal. Une nouvelle réunion de lobbying est prévue vendredi. Pour la France, la question de l’autonomie de la Polynésie n’a pas à se régler à New York mais au sien des institutions françaises. L’Etat français n’est pas le seul à penser ainsi. Des voix se sont élevées à Tahiti contre le projet de Temaru et Tuheiava.

Action d’un homme seul accusent les autonomistes

Des représentants de partis autonomistes ont menacé d’interpeller le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, sur le «caractère unilatéral» de la demande d’Oscar Temaru. La Polynésie avait été inscrite sur la liste des Territoires non-autonomes à décoloniser. Elle en avait été retirée en 1947. Depuis 1977, un changement de statut permet à l’archipel d’avoir une certaine autonomie de gestion, complétée par une autonomie interne en 1984.

Des avancées insuffisantes pour les indépendantistes comme Oscar Temaru qui a annoncé en 2011 vouloir mettre fin à «170 ans de colonisation» en Polynésie française.