Réduire les vacances d'été: Deux enseignants réagissent à l'idée de Vincent Peillon

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Publié le 26 février 2013.

VOTRE AVIS - Deux enseignants directeurs d'écoles nous donnent leur point de vue sur la proposition de Vincent Peillon de raccourcir les vacances scolaires d'été de deux semaines...

 Ils ont le même métier, quasiment le même âge. Mais Philippe et Véra, internautes de 20 Minutes, ont un quotidien qui ne se ressemble guère. Philippe est directeur de l’école d’un petit village qui borde le lac Léman (Haute-Savoie). Véra est directrice d’une école primaire «éclair» de Marseille (Bouches-du-Rhône).  Réduire les vacances d’été à six semaines au lieu de huit, semble pour Philippe une idée à creuser, là où Véra voit une limite du supportable à ne pas franchir.

>> Professeurs ou parents, continuez à réagir à la proposition de Vincent Peillon en participant dans les commentaires ou en nous écrivant à reporter-mobile@20minutes.fr

Philippe, 53 ans, directeur d’école en Haute-Savoie: «En deux mois, les enfants oublient tout»

«La longue coupure des vacances d'été fait souvent oublier aux enfants les acquisitions de l'année surtout pour ceux qui ne les entretiennent pas pendant les congés, c'est-à-dire les plus défavorisés. Qui sont aussi ceux qui partent le moins en vacances. En septembre, on est obligé de tout remettre en route.

Je trouve que ce serait une bonne mesure qui permettrait d'augmenter le nombre de journées de classe tout en allégeant la semaine sans ajouter une demi-journée. Ce serait donc un compromis.

Bien sûr, cela ne peut avoir un impact que si c’est inscrit dans une réflexion globale et si c’est accompagné d’autres mesures. Il faut arrêter de pousser les profs à annoncer les passages en classe supérieure en mai! Ça peut marcher si on travaille pleinement jusqu’en juillet et que les examens ont lieu beaucoup plus tard.»

Vera, 59 ans, directrice d’école à Marseille: «Ces congés, c’est notre soupape de sécurité»

«J’enseigne en Zone d’Education Prioritaire (ZEP) depuis trente ans, dans les quartiers Nord de Marseille. J’ai été recrutée sous Mitterrand, en trois mois, car on manquait d’enseignants. Depuis une dizaine d’années, on nous a enlevé les assistants, les bibliothécaires et les secrétaires, on est dépouillés de tout, même des ordinateurs. Ici, c’est le quart-monde.

J’ai voté Hollande et j’attendais de lui des embauches, des ouvertures de classe et des moyens. On pensait qu’on s’alignerait sur les pays du Nord mais en fait on nous rajoute le mercredi et on nous retire deux semaines de congés. Les enseignants n’en peuvent plus. Ces congés, c’est notre soupape de sécurité.

Je ne veux même pas de compensations de salaire, je sais qu’il n’y a plus d’argent, mais au moins de meilleures conditions de travail, sinon plus personne ne va vouloir être professeur. Peut-être que les parents ne seraient pas mécontents, l’école est devenue une garderie pour certains.»

Témoignages recueillis et édités par Christine Laemmel
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