Chico Bouchikhi (photo) poursuit Chico Castillo pour «contrefaçon de marque».
Chico Bouchikhi (photo) poursuit Chico Castillo pour «contrefaçon de marque». - BALTEL / SIPA

Vincent Vantighem

«Et si tu n’existais pas, dis-moi pourquoi j’existerais…» Reprise de Joe Dassin, la dernière chanson de Chico Castillo prendra sans doute une signification particulière, ce mardi, devant la troisième chambre civile du tribunal de grande instance de Paris. Se présentant comme un ancien des Gipsy Kings, Chico Castillo est assigné en justice pour «parasitisme» et «contrefaçon de marque». Celui qui l’assigne n’est autre que Chico Bouchikhi, l'ex-vrai leader des Gipsy Kings, aujourd'hui vedette de Chico and The Gipsies, qui l’accuse de se faire passer pour lui depuis plus d’une dizaine d’années. «Il a déjà été condamné pour cela en 1998, révèle Julie Dejardin, avocate du vrai Chico. Mais il continue à usurper l’identité de notre client.»

Entre Yannick Noah et Nolwenn Leroy, c’est le faux Chico qui débarque sur la scène de France 2.

Ils s’appellent Chico tous les deux. Et entonnent les mêmes chansons de musique gitane, entretenant le doute jusque chez les professionnels. Diffusant le concert pour l’Egalité le 14 juillet 2011, France 2 annonce ainsi sur scène la présence du plus célèbre des chanteurs de musique gitane entre Yannick Noah et Nolwenn Leroy alors que c’est le faux Chico qui débarque pour chanter «Djobi Djoba». Se présentant comme «Chico The Gipsy», l’homme est aussi parvenu à remplir l’Olympia en octobre dernier. «On a un tas d’attestations prouvant qu’il s’évertue à se faire passer pour le vrai Chico», poursuit Julie Dejardin. Et même un jugement rendu en mai 2012 en faveur d’Anne-Céline Lopez. La jeune chanteuse aussi s’est fait berner. Après être devenu son promoteur, Castillo a nui à sa réputation en faisant croire à tout le monde qu’il vivait en concubinage avec elle. Les deux Chico, eux, ne se sont rencontrés qu’une seule fois et en sont venus aux mains. Ce mardi, ils seront d’ailleurs représentés par leurs avocats. Contacté par 20 Minutes, Simon Tahar, l’avocat de Chico Castillo a indiqué qu’il ne voulait pas «s’exprimer sur le fond de l’affaire».