Deux policiers de la BAC de Paris sont morts dans une course poursuite sur le péripherique interieur de Paris, le 21 février 2013.
Deux policiers de la BAC de Paris sont morts dans une course poursuite sur le péripherique interieur de Paris, le 21 février 2013. - A. GELEBART / 20 MINUTES

William Molinié

L’appel à une marche blanche pour rendre hommage aux deux policiers de la BAC, tués après une course-poursuite, jeudi dernier, sur le périphérique parisien, gêne-t-il la hiérarchie policière? Les autorités et les syndicats de police veulent éviter «toute récupération politique», à l’heure où des policiers redoutent que les réformes de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, ne fassent le jeu des délinquants.

Officiellement, une cérémonie d’hommage à la Préfecture de police, en présence du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur, sera organisée mardi à 11h30. Au même moment, tous les policiers de France sont invités à observer une minute de silence devant leur commissariat, en guise d’obsèques nationales. «Pas de banderoles, pas de slogans, mais dans le silence et la dignité», insiste un syndicaliste, contacté par 20 Minutes.

Marche blanche à 15h

Malgré cet «appel officiel», des textos et messages sur les réseaux sociaux continuent de circuler ce lundi pour poursuivre l’action avec une marche blanche, à partir de 15h, Porte Maillot, lieu du début de la signalisation su les ondes radio du 4X4 conduit par un chauffard récidiviste et alcoolisé qui a percuté un véhicule de la BAC N 75. Il a été mis en examen et écroué pour «meurtres aggravés sur fonctionnaire de la police nationale». Le passager, pour «complicité de meurtres aggravés».

«A la demande (vérifiée) des familles de nos amis et collègues de la BAC 75 N, la marche de mardi est maintenue. Elles souhaitent que nous puissions rendre un hommage à Boris et Cyril», peut-on lire dans un SMS que 20 Minutes a consulté. La mort de ces deux policiers, Boris Voelckel, 32 ans, et Cyril Genest, 40 ans, a provoqué un vif émoi au sein de la police.

«Montrer le ras-le-bol de la famille police»

Sur Facebook, la femme d’un des deux policiers tués s’est indignée: «Les autorités disent que ce sont les familles qui ont annulé cet hommage, ce qui est strictement faux. Cette marche a pour principal but de [...] montrer le ras-le-bol de la famille police», a-t-elle écrit.

Cet appel à manifester, relayé sur plusieurs forums, n’est pas sans rappeler les manifestations sauvages de policiers en uniformes en 2012 lors de l’affaire de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), au cours de laquelle un policier avait été mis en examen pour «homicide volontaire» après avoir tué un récidiviste en fuite.

«L’administration fait de la propagande en disant que les familles des policiers ne souhaitaient pas de marche blanche. La hiérarchie a peur que ce soit récupéré à l’encontre de la ministre de la Justice», avance un policier parisien, sous couvert de l’anonymat.