La mère de famille arrêtée vendredi après la découverte de ses trois enfants égorgés à Dampmart a été hospitalisée d'office après un examen psychiatrique samedi, avant une marche blanche suivie par 1.500 personnes dans la petite commune de Seine-et-Marne théâtre du drame.
La mère de famille arrêtée vendredi après la découverte de ses trois enfants égorgés à Dampmart a été hospitalisée d'office après un examen psychiatrique samedi, avant une marche blanche suivie par 1.500 personnes dans la petite commune de Seine-et-Marne théâtre du drame. - Patrick Kovarik AFP

avec AFP

La mère de famille arrêtée vendredi après la découverte de ses trois enfants égorgés à Dampmart a été hospitalisée d'office après un examen psychiatrique samedi, avant une marche blanche suivie par 1.500 personnes dans la petite commune de Seine-et-Marne théâtre du drame. Des adolescents, en grande majorité, ont participé à la marche silencieuse dans les rues de Dampmart, commune de 3.000 habitants, derrière une banderole qui donnait simplement les prénoms des trois victimes: Gnilane, Laurent et Valentin. Des centaines de roses blanches ont été déposées devant le portail en bois peint en blanc de leur maison, où les jeunes se sont étreints, en pleurs, sous les flocons de neige.

La mère des trois victimes, âgée de 40 ans, qui avait des problèmes d'alcoolisme, avait été interpellée vendredi après-midi dans le XXe arrondissement de Paris chez des proches, également appréhendés et placés en garde à vue. Ceux-ci ont été relâchés rapidement. «Elle n'était pas en état de tenir des propos cohérents et son audition n'a rien donné», a expliqué une source proche de l'enquête. «Elle a été hospitalisée d'office parce que son état de santé n'est pas compatible avec la garde à vue», qui a donc «été levée», selon cette source. «L'enquête est suspendue à ce qu'elle pourra dire», a ajouté cette source, sans plus de précisions. C'est le père de cette famille «très discrète» selon plusieurs voisins, un médecin spécialiste qui possède un cabinet dans la commune voisine de Lagny-sur-Marne, qui avait donné l'alerte après avoir trouvé ses enfants dans un bain de sang tôt vendredi matin.

«Faire notre deuil»

Il a lui aussi été hospitalisé «car il est en état de choc», selon la source proche de l'enquête, alors que des voisins ont raconté qu'il était sorti «en hurlant» de la maison. Les corps des trois enfants - deux garçons de 14 et 16 ans et une fillette de 9 ans - ont subi une autopsie samedi matin à l'Institut médico-légal de Paris. Ses résultats n'étaient pas connus en fin de journée. La mère d'origine africaine avait des problèmes d'alcool. «A priori elle buvait», selon une source judiciaire. «On ne la voyait presque jamais», a décrit une voisine qui habite juste en face de la coquette maison en meulière où vivait le couple avec ses trois enfants. «Ils étaient pas causants». «Elle était tellement souriante, toujours jolie avec ses boubous (...) ma soeur qui est leur voisine directe n'a jamais entendu ni un bruit, ni un cri. J'arrive pas à me mettre en tête que c'est la mère qui a fait ça. Pour moi c'est pas elle», confiait une autre voisine.

L'émotion à Dampmart était vive. «C'est dramatique, tout le monde est très ému, catastrophé», a confié le maire, Georges Carré. «Les enseignants de l'école primaire m'ont raconté que la petite Gnilane, 9 ans, était pleine de vie, qu'elle avait beaucoup d'amis, c'est insoutenable», a-t-il dit. Une cellule psychologique a été mise en place dans l'école primaire dès que la nouvelle a été connue vendredi et les habitants qui le souhaitent pourront rencontrer un psychologue la semaine prochaine, a-t-il ajouté. Les amis du fils aîné, Valentin, ont organisé samedi une marche blanche - «pour faire notre deuil, lui rendre tout ce qu'il nous a donné», a indiqué Romain, l'un d'eux. «C'était quelqu'un de très serviable, sympathique, timide parfois», a raconté un autre ami, Melvin. Certains portaient des vêtements blancs où était inscrit: «Valentin, on ne t'oublie pas mon frère» ou «Repose en paix». «Des enfants qui partent si tôt, c'est triste», a commenté un habitant. «Mon fils, qui connaît Valentin depuis le primaire, a pleuré toute la nuit», a témoigné une mère de famille. «Je me demande pourquoi elle est allée là-bas dans le XXe. Moi étant mère, si je devais faire ça, je préférerais partir avec mes enfants», a-t-elle ajouté dans un souffle.