Détenus exhibant des armes sur YouTube: Une rivalité entre deux collectifs rap à l'origine des menaces

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Publié le 22 février 2013.

PRISON - Marlo, fondateur de «Gangster D-Ter», a raconté sa version des faits à «20 Minutes» depuis sa celulle...

Dans ce dossier, «tout est grave». La procureure de la République de Tarbes est bien décidée à faire la lumière sur l’affaire des vidéos de détenus menaçants et armés de couteaux postées sur YouTube. Mais alors que les premières informations parues dans les médias font état d’une rivalité entre détenus pour expliquer les messages menaçants, il semble que c’est un clash entre 2 collectifs de rap qui soit à l’origine d’une sorte de version textile du clash Booba/La Fouine.

«Morsay fait partie de ces mecs qui font les malins sur Internet»

Dans le coin gauche, Morsay, figure de proue du collectif «Truand 2 la galère» et sa ligne de vêtements notamment vendue à Clignancourt, et spécialiste du clash sur YouTube en perpétuelle quête de buzz. Dans le coin droit, un autre collectif similaire, «Gangster D-Ter», son fondateur Marlo et un de ses amis, Rifin, tous deux incarcérés.

«Morsay fait partie de ces mecs qui font les malins sur Internet, et Rifin est un jeune un peu abruti par YouTube», a expliqué Marlo à 20 Minutes. Aussi quand, dans une de ses vidéos, Morsay annonce qu’il défie quiconque osera l’affronter sur un ring de boxe, Rifin répond dans une vidéo tournée dans sa cellule en se réclamant du collectif «Gangster D-Ter» et provoque un clash.

«Ils ont pris du mitard et vont surement passer au tribunal»

Friand de l’exercice, Morsay répond à son tour dans une nouvelle vidéo et joue la provoc’ en passant au passage le bonjour à ses amis incarcérés qui, promet-il, vont lui «montrer ce que c’est une vraie centrale». «A partir de là, j’ai reçu des messages de mes amis en prison, comme ceux de Lannemezan, qui me demandaient de les laisser lui répondre», raconte Marlo.

«Au départ j’ai dit non, puis j’ai fini par laisser faire, poursuit Marlo. Et le résultat m’a laissé sur le cul.» Il n’est pas le seul à avoir été frappé par l’image des détenus exhibant de longues lames de couteaux dans leurs cellules en menaçant disctinctement Morsay, puisque la gendarmerie a été chargée d’une enquête et que les protagonistes des vidéos ont été sanctionnés. «Ils ont pris du mitard et vont surement passer au tribunal, reconnaît Marlo, mais dans ce milieu on se serre les coudes.»

«A la base, ça part sur un buzz. Jusqu’où ça va aller maintenant?»

Aujourd’hui, Marlo affirme que son comparse Rifin a retourné sa veste et a posté une vidéo d’excuses à Morsay «parce qu’ils lui ont promis de l’aider à lancer sa ligne de vêtements». Mais cette affaire a de nouveau mis en lumière des lacunes dans la surveillance des détenus. C’est d’ailleurs de son téléphone portable (interdit en détention) et depuis sa cellule que Marlo affirme avoir appelé 20 Minutes.

«A la base, ça part sur un buzz. Jusqu’où ça va aller maintenant? Je ne sais pas», reconnaît Marlo. Les détenus de Lannemezan sont «des mecs qui n'ont plus rien à perdre», a assuré une source pénitentiaire au Nouvel Observateur, «l'un est libérable en 2063, sur les trois, il y en a un ou deux qui ne sortiront jamais de prison». Quant à Marlo...  «Je suis bientôt libérable, on verra bien quand je serai dehors.»

Julien Ménielle
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