Fin de la journée de carence: «Marylise Lebranchu ne peut pas lâcher grand-chose aux fonctionnaires»

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Publié le 21 février 2013.

FONCTION PUBLIQUE – La journée de carence qui disparaît n’est qu’un petit cadeau aux fonctionnaires qui ne devraient pas obtenir beaucoup plus explique Luc Rouban à «20 Minutes»…

La ministre de la Fonction publique a annoncé ce jeudi la suppression de la journée de carence imposée aux fonctionnaires début 2012. Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS et travaille au Centre de recherches politiques de Sciences Po, spécialiste de la fonction publique, explique à 20 Minutes pourquoi cette décision n’a rien d’économique.

Alors que l’Etat doit faire des économies, la suppression de la journée de carence pour les fonctionnaires va avoir un coût. 60 millions d’euros selon la ministre, 200 millions selon le Medef, qui estime que cette journée de carence a permis d’économiser en un an 70 millions d’euros, rien que pour les hôpitaux… Peut-on vraiment savoir ce que ce la coûter?

On ne peut pas chiffrer le gain de cette mesure. Ce ne serait qu’une appréciation politique. Il y a bien d’autres variables que la journée de carence pour expliquer l’absentéisme: état sanitaire général de la population, s’il y a eu des épidémies ou pas par exemple; la baisse du pouvoir d’achat généralisé qui fait qu’on s’arrête moins; la recomposition des équipes dans un secteur qui améliore les conditions de travail… Je suis très sceptique sur l’impact réel de cette journée que l’absentéisme.

La création de la journée de carence était donc une décision politique?

Les deux décisions étaient des décisions politiques. En avril 2011, il fallait montrer qu’on allait vers une convergence entre fonctionnaires et salariés du privé et faire des économies. Or dans le privé, des conventions collectives et des accords internes aux entreprises permettent souvent aux salariés d’échapper aux trois jours de carences. Il y avait aussi un certain populisme autour de l’image du fonctionnaire, qui travaille peu et en plus est toujours absent. Aujourd’hui la suppression de cette journée est aussi politique. La ministre de la Fonction publique a cherché à satisfaire les syndicats.

Pourtant ils ne sont pas totalement satisfaits et réclament toujours une augmentation de salaires.

Marylise Lebranchu ne peut pas lâcher grand-chose aux fonctionnaires. On parle d’un plan d’égalité homme-femme, de la relance de la formation professionnelle… Des réformes qui ne ont leur importance, mais surtout qui ne coûtent pas chères. Le principal pour la ministre est de revenir sur l’ambiance du précédent mandat, avec la RGPP (révision générale des politiques publiques qui prévoyait le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux).

Propos recueillis par Isabelle Raynaud
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