Des détenus postent une vidéo sur YouTube dans laquelle ils menacent le rappeur Morsay, couteaux à la main

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Publié le 21 février 2013.

PRISON - La centrale de Lannemazan, très sécurisée, n'accueille que des prisonniers effectuant des longues peines. Une enquête a été ouverte...

Les vidéos soulèvent de nombreuses questions. Dans des clips diffusés sur YouTube il y a 10 jours, des détenus de la centrale de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées, s’exhibent proférant des menaces, couteaux à la main. Deux hommes sont filmés face caméra, lunettes de soleil sur le nez, devant un ordinateur. Ils miment des  gestes d’égorgement avec des couteaux a priori de fabrication artisanale tandis qu’un troisième, hors champ, déclame insultes et menaces.

Les individus semblent viser Morsay, un homme se réclamant du milieu du rap, vendant des T-shirt siglés du nom de son collectif «Truand 2 la galère» dans une boutique à Clignancourt, et qui s’est fait une spécialité des «clashs» tous azimuts sur YouTube. Dernier clash en date: celui qui l’oppose à Rifin 67, du collectif «Gangster D-Ter» qui distribue également des t-shirts dont l’un est exhibé dans la vidéo des détenus de Lannemezan, qui prendraient ainsi fait et cause pour leur ami. La page Facebook de la marque retrace d'ailleurs le clash depuis le début et publie d'autres photos des détenus.

«Nos prisons sont en train de s’américaniser»

Les armes ont été retrouvées mercredi dans un blouson par un surveillant, rapporte ce jeudi la Dépêche du Midi, qui évoque un conflit entre détenus. Les trois individus ont par ailleurs été identifiés, et sanctionnés.

La vidéo a suscité l’émoi dans la prison, une des plus sécurisées du pays, qui n’accueille que des prisonniers effectuant des longues peines. «L'administration est dépassée par tous ces éléments technologiques qui rentrent dans la prison. Les détenus ont droit à un ordinateur sous le contrôle d'un surveillant informatique. Mais c'est trop peu pour veiller sur plus de 140 postes», a commenté une source syndicale dans la Dépêche. «Nos prisons sont en train de s’américaniser», a encore dit cette source, décrivant «des zones de non-droit, avec des caïds qui s’installent».

«Tout est grave», selon la procureur

Le parquet de Tarbes s’est saisi du dossier. «Tout est grave», a indiqué la procureur Chantal Firmingier-Michel à l’AFP: «l'introduction d'objets illicites dans une centrale est un fait grave parce qu'elle implique des complicités extérieures, et (qu'avec eux) on peut tout faire, les menaces proférées à l'intérieur d'une centrale (...) à l'aide de ces objets sont graves aussi et la fabrication d'armes artisanales est un troisième» facteur de gravité.

Une rivalité entre marchands de t-shirts pourrait cependant bien être à l'origine de toute cette affaire, voire une simple tentative de buzz autour des marques respectives des deux individus. l'enquête confiée à la gendarmerie devra le déterminer.

E.O. et J.M.
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