Nantes: Le deuxième homme est descendu de la grue

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Publié le 29 janvier 2014.

FAIT DIVERS - Le premier père de famille avait été rejoint ce samedi matin par un ami qui est dans la même situation personnelle...

Nicolas Moreno, qui avait grimpé ce samedi matin sur une grue, à Nantes, en soutien à un de ses amis confronté à des problèmes de garde d'enfants est descendu en rappel peu avant 17h. Le jeune homme de 34 ans a levé les bras en arrivant au sol, formant un coeur avec ses mains, et a crié: «Pour tous les papas qui aiment leurs enfants.»

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Lors d'une conférence de presse improvisée peu après sa descente, Nicolas Moreno a souligné combien l'objet de son action était «pacifique»: «Vous avez vu des coeurs, vous avez vu des ballons, des papas qui évoluaient en sécurité.» Il a en revanche dénoncé la «violence» faite aux pères dans l'actuelle application de la loi: «Le tarif de base pour un papa, c'est un week-end sur deux, en réalité quatre jours sur trente.»

Une justice «basée sur la violence»

«Eh bien voilà, a-t-il arrondi, il vous reste un dixième de la résidence du droit de visite et d'hébergement de vos enfants. Ce jugement de base, c'est un jugement violent, ça vous retire neuf dixièmes du temps de votre enfant, cette justice est basée sur la violence.»

Son ami Serge, qui s'était retranché vendredi matin au sommet d'une grue géante installée sur les anciens chantiers navals de Nantes, est quant à lui toujours perché. Le deuxième homme, «papa privé d'enfant» selon une proche, s'était retranché dans une deuxième grue géante installée sur les anciens chantiers navals de Nantes. Il est «solidaire de son frère d'armes», avait expliqué sa mère à 20 Minutes.

«Benoît, 2 ans sans Papa»

Serge, le premier homme à s'être retranché sur cette grue vendredi, est privé depuis deux ans de droits de visite et aussi d'autorité parentale sur son fils à la suite d'une condamnation. Il a passé la nuit sur l'engin. Par ailleurs, «le dispositif de sécurité a été allégé» ce samedi, mais des forces de sécurité demeurent toujours au pied de la grue.

>> L'interview du premier homme retranché en haut de la grue est par ici

Vendredi, des négociations ont été engagées avec lui pour tenter de le convaincre de descendre. Dans la soirée, à l'aide d'une nacelle au bout de la grande échelle des pompiers, «nous lui avons présenté une requête expresse qu'il peut déposer auprès de la justice, qui peut être audiencée le 28 mars, ce qui est extrêmement rapide», a dit le préfet à l'issue de cette démarche. «Les magistrats se sont mobilisés, c'était la seule réponse de droit possible, mais après réflexion il est revenu avec de nouvelles demandes», a ajouté le préfet.

Les deux grues, une grise et une jaune, désaffectées, ont été conservées à Nantes en souvenir des anciens chantiers navals qui ont fermé à la fin des années 80. Le premier père retranché, ancien ingénieur informaticien, avait profité du brouillard pour s'introduire dans la grue géante jaune haute d'une quarantaine de mètres. Il a ensuite déployé une banderole blanche sur laquelle est écrit: «Benoît, (le nom de son fils), 2 ans sans Papa».

SVP Papa se désolidarise

Le GIPN et le Groupe de recherches et d'interventions en milieux dangereux (GRIMP) étaient sur place. La grue dispose d'une grande cabine. L'homme semble, selon certains proches du dossier, être équipé pour rester longtemps, plusieurs jours au besoin. Il est affilié à l'association «SVP Papa». Cependant, le président de «SVP Papa», Yann Vasseur a indiqué ce samedi sur BFM-TV que son association se désolidarisait «malheureusement» de l'action menée par les deux pères retranchés, qui mettent leur vie en danger et risquent de passer pour des «forcenés».

«Nous avons soutenu vendredi l'action de Serge Charnay, un homme en détresse qui n'est pas membre de notre association mais qui organisait avec nous les actions de revendication nationale que nous prévoyons de faire mercredi prochain à Nantes, mais nous devons nous désolidariser malheureusement de l'action aujourd'hui», a expliqué Yann Vasseur. «Même si Nicolas Moreno, le deuxième papa, est membre de notre association, nous ne pouvons cautionner que nos membres mettent en danger leur vie.»

«Ces hommes prennent en outre le risque de passer du statut de "papas" à celui de "forcenés"», a expliqué Yann Vasseur. «Et nous risquons de perdre les autorisations de manifestation que nous avions obtenues pour le 20 février et ils ne pourront plus faire passer leur message démocratiquement», a-t-il ajouté. «En outre, Serge Charnay n'a pas saisi la main qui lui était tendue par la préfecture vendredi», a ajouté Yann Vasseur.

«Il reste néanmoins scandaleux que des hommes en soient réduits à de telles extrémités à cause de l'application de la loi qui est faite par les juges aux affaires familiales: la loi actuelle est équitable, c'est l'interprétation qu'ils en font qui ne l'est pas», a-t-il conclu.

avec AFP
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