Hollande refuse «d'enfermer l'Histoire» dans un musée

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Publié le 11 février 2013.

François Hollande a repoussé ce lundi l'idée de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, de créer un musée de l'Histoire de France. Le Président français a dit lors de l'inauguration des nouveaux bâtiments des Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine, près de Paris, son «refus d'enfermer l'Histoire, de la figer, de la centraliser pour parfois essayer de la contrôler».

«Il n'y a pas en France de récit officiel. Il y a eu longtemps cette tentation. C'est dans cette perspective que j'ai décidé de renoncer au musée de l'Histoire de France», a dit le Président dans un discours. «La première raison, et elle suffisait à toutes les autres, c'est qu'il n'était pas financé, mais il y en avait une autre, c'est (..) qu'il y avait une polémique, une de plus, qui n'est pas nouvelle puisqu'en France toute tentative de musée national unifié s'est révélé impossible», a-t-il ajouté, rappelant que Louis-Philippe et Napoléon III avaient eux aussi vainement tenté de lancer un tel projet.

«La culture de notre pays, son histoire, son identité reposent en grande partie sur une constellation d'institutions», a ajouté François Hollande. Dans le bâtiment flambant neuf des Archives nationales qui «met la modernité au service de la révélation du passé», le Président a plaidé pour la liberté de la recherche et s'est interrogé sur la mémoire des archives électroniques à l'heure d'internet.

«Temple de la mémoire»

«Avant la mémoire, c'était du papier, il était déjà difficile de conserver cette mémoire, il y fallait beaucoup d'attention, de persévérance, mais il y avait une trace. A présent que se développent les courriers électroniques, les documents dématérialisés, je ne parle pas des SMS, de nouveaux types de préservation doivent être définis», a-t-il souligné. «Il y a urgence, sinon c'est une perte d'explication et de mémoire», a-t-il ajouté. «Tous les services d'archives, quel que soit leur rattachement administratif, doivent se mobiliser pour relever le défi de la transmission des traces les plus significatives de notre époque.»

Les Archives nationales sont désormais partagées en trois sites : Pierrefitte-sur-Seine, Paris et Fontainebleau. Bloc blanc entouré de «satellites» d'aluminium et de bassins d'eau, le «temple de la mémoire» signé Massimiliano et Doriana Fuksas, selon la formule du maire de Pierrefitte-sur-Seine, conserve les archives de l'Etat depuis 1790, soit quelque cinq millions de documents. Lors d'une visite du site, François Hollande s'est intéressé à la copie de concours général de Léon Blum, à l'original du dessin de Tour Eiffel lorsqu'elle ne s'appelait encore que «la tour de 300 mètres», à une lettre du capitaine Dreyfus à Félix Faure demandant la révision de son procès et à l'original de la Constitution de la Ve République signé par le général de Gaulle.

Les Archives nationales sont nées à 1808 à l'hôtel de Soubise, au coeur du Marais à Paris. L'idée de construire un nouveau site dédié est née en 2001. Les travaux à Pierrefitte-sur-Seine ont commencé en juin 2009. Le musée est ouvert au public depuis le 21 janvier 2013.

Avec Reuters
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