Salle de shoot à Paris: Ouverte 7j/7 pour 200 toxicomanes par jour

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Publié le 8 février 2013.

SANTE - Comment devrait fonctionner la salle de shoot qui devrait ouvrir prochainement à Paris...

Matignon a donné son feu vert pour expérimenter une salle de shoot à Paris, une première en France: l'association pilotant le projet veut ouvrir la salle à l'été 2013, et y accueillir 200 usagers par jour dans le quartier de la gare du Nord, sept jours sur sept.

Quand et où?

Le maire du Xe arrondissement de Paris, volontaire pour accueillir la salle, et l'association Gaïa qui pilote le projet d'expérimentation veulent ouvrir la salle «avant l'été» 2013. «C'est un souhait mais il n'y a pas d'urgence. Il faut se concerter avec les riverains, la police; trouver un lieu, l'aménager», explique Céline de Baulieu, coordinatrice du projet chez Gaïa. La question du lieu est très sensible pour les riverains. Quatre ou cinq projets circulent. «Une salle de consommation fonctionne si elle est proche d'une scène de consommation, c'est à dire près de la gare du Nord», dit Céline de Baulieu. Selon le maire du Xe, la Ville travaille avec la SNCF pour trouver un local. L'hôpital Fernand-Widal et l'hôpital Lariboisière, proches de la gare du Nord, sont deux autres options. Un préfabriqué installé dans la rue est aussi envisagé. Inquiets, les riverains de «l'Association Vivre Gares du Nord et Est», ont posé leurs conditions: rien «à coté d'habitations, d'une école ou d'une crèche».

Comment ça marche?

Chaque usager doit venir avec sa drogue. Aucune drogue ou produit de substitution n'est fournie. L'usager qui se présente pour la première fois devrait remplir une fiche de profil (quelle drogue il prend, depuis quand, a-t-il un logement, etc.) Le dossier est anonyme, l'usager étant identifié grâce à un prénom (ou pseudo) et une date de naissance. A l'accueil, le consommateur montre la drogue qu'il va consommer. On lui donne un ticket «comme à la sécurité sociale», dixit Céline de Baulieu, et il attend son tour. Si c'est une drogue à inhaler comme du crack, il ira dans un espace fermé avec extracteur de fumée (la salle n'accueille pas les fumeurs de cannabis). Si c'est pour une injection, il s'assoit derrière l'une des tablettes individuelles avec paravent. Un ou deux intervenants, infirmières ou éducateurs, «donne le matériel stérile et s'assure que tout se passe bien», selon Gaïa. Ensuite, Gaïa espère que l'usager pourra, avant de retourner dans la rue, passer du temps dans un «espace convivial», un «sas», où il pourra discuter avec un éducateur. Dans le projet actuel, la salle peut recevoir 200 personnes par jour, sept jours sur sept, de 13h à 21h. Jusqu'à huit usagers pourraient être accueillis en même temps.

Qui va payer?

Fin 2012, le Conseil de Paris a voté une subvention de 38.000 euros en faveur de Gaïa pour un travail préparatoire. Pour la suite il faudra trouver plusieurs centaines de milliers d'euros par an. Pour cela «on discute avec l'agence régionale de santé, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), le conseil régional, la mairie de Paris», explique Gaïa.

Est-ce légal?

Que fera la police si elle interpelle un usager aux abords de la salle, en possession de stupéfiants? Et la justice? Beaucoup de questions restent sans réponse. «D'après nous, il n'y a pas besoin de changer la loi, il faut modifier le texte réglementaire» pour préciser le cahier des charges, explique à l'AFP Danièle Jourdain-Menninger, la présidente de la Mildt. L'idée serait de modifier le décret d'avril 2005 qui précise les modalités d'intervention des acteurs engagés dans une politique de réduction des risques auprès des toxicomanes. Une circulaire pénale territoriale pourrait aussi être prise. A charge aux ministères de l'Intérieur et de la Justice de prendre les actions nécessaires pour permettre l'expérimentation. Le but c'est que la police n'arrête pas les usagers de drogue qui se rendent à la salle et que la justice ne condamne pas le personnel de ces espaces pour complicité, précise la Chancellerie.

Avec AFP
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