Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 18 janvier 2013, à Paris.
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 18 janvier 2013, à Paris. - C.PLATIAU / REUTERS

Que s’est-il passé ce mardi matin?

Quatre personnes -trois Franco-Congolais et un Malien- ont été interpellées en région parisienne. C’est la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui suivait ces hommes depuis plusieurs mois selon Manuel Valls, qui a opéré en plusieurs endroits, notamment à L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne). Selon nos informations, une des cibles était notamment un individu rentré récemment du Mali. Manuel Valls a indiqué que «les personnes arrêtées ont probablement des liens avec les djihadistes chassés au Nord Mali». L’enquête menée par le juge antiterroriste Marc Trévidic porte sur une filière d'acheminement de djihadistes vers le Sahel, a indiqué une source policière.

Comment les enquêteurs sont-ils remontés jusqu’à ces personnes?

Ce coup de filet fait suite à l'arrestation l'été dernier à Niamey, au Niger, d'un ressortissant franco-congolais. Selon des sources judiciaires et policières, il s’agit de Cédric Lobo, 27 ans, qui était animateur social à Asnières (Hauts-de-Seine). Il a été arrêté à Niamey, la capitale du Niger, alors qu'il tentait d'acheter un véhicule 4x4 avec un faux permis. Il voulait gagner Tombouctou, au Mali, et rejoindre les rangs d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), selon les enquêteurs. Arrêté par la police du Niger, il a été expulsé vers la France, où il a été mis en examen et incarcéré, précise-t-on de source policière.

Y a-t-il beaucoup d’islamistes français qui partent combattre à l’étranger?

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a indiqué qu'il y avait «probablement une poignée de Français qui veulent aller ou qui sont au Mali et qui combattent avec les djihadistes l’armée française et l’armée malienne». Il a ajouté que «deux» avaient été arrêtés «au cours de ces derniers mois», alors qu'ils voulaient se rendre au Sahel pour combattre: celui qui a conduit à l'opération de ce mardi «et un autre au Mali». Le ministre a également estimé que ses services avaient recensé «plusieurs dizaines» de personnes résidant en France qui sont allées rejoindre les rebelles en Syrie, «souvent dans des groupes contrôlés par Al-Qaida».

Va-t-il y avoir d’autres «coups de filet» de ce type?

«Il faut continuer ce travail de démantèlement de ces réseaux qui veulent soit agir sur notre territoire, soit exfiltrer des individus pour faire le djihad, pour apprendre les pratiques du terrorisme», a déclaré Manuel Valls ce mardi matin sur BFM-TV et RMC. «Nous combattons un terrorisme à l'extérieur, mais nous combattons aussi un ennemi intérieur puisqu'il y a ces Français qui rentrent dans ce processus de radicalisation. Il faut combattre avec la plus grande détermination cet ennemi.»

Le ministre a ajouté que même s’il n’y a pas eu de «menace directe» d'attentat depuis le début du conflit au Mali, «la police française, les services de renseignement sont sur le qui-vive». Il a rappelé que la police «a démantelé une cellule terroriste» fin 2012, la cellule de Cannes/Torcy, soupçonnée d'avoir voulu organiser une filière de djihadistes et d'avoir commis l'attentat contre un commerce juif de Sarcelles.

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