Illustration de patrouille de police nationale à Mantes-la-Jolie.
Illustration de patrouille de police nationale à Mantes-la-Jolie. - Vincent Wartner/20 Minutes

William Molinié

Au moins trois viols en un an dans une même ville. La série de crimes à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) semble avoir été commise par des membres de la bande des «Candy Shop», à en croire les premiers éléments recueillis par la police. Surveillé par les services de renseignement, ce groupe violent avait pour habitude de se retrouver à La Défense (Hauts-de-Seine) ou à la Gare du Nord (10e).

Le phénomène n’est pas nouveau, tout comme celui des «tournantes». La plupart du temps, les délits commis par ces jeunes restent cantonnés à des incivilités, des agressions contre les forces de l’ordre, des bagarres, des deals de cité ou des trafics en tout genre.

«Un rite initiatique»

Mais une pratique particulièrement inquiétante a été détectée par les services de police spécialisés dans l’observation des bandes. «Concernant certaines d’entre elles, généralement les plus structurées, nous avons eu des retours du terrain pouvant les mettre parfois en cause dans des affaires de viols», explique à 20 Minutes le commissaire divisionnaire Christian Hirsoil, sous-directeur de l’information générale (ex-RG) à la direction centrale de la sécurité publique. «Comme s’il s’agissait d’un rite initiatique, le jeune doit agresser, coincer et violer une jeune femme», poursuit-il, sans pouvoir lier l’affaire de Noisy-le-Grand avec ces usages.

Une sorte de défi est lancé au délinquant novice pour pouvoir entrer dans le groupe et se faire accepter par ses pairs. «Le groupe a remplacé la structure de la famille. En rejoignant une bande, le jeune y trouve une nouvelle autorité», analyse un policier. En 2012, 361 bandes ont été recensées en France. «Même s’il y a une évolution liée aux réseaux sociaux, leur nombre est plutôt stable. Mais certaines se développent désormais dans des villes moyennes. Ce n’est plus une spécificité des grandes agglomérations», complète le commissaire Hirsoil.

Bandes de motards violents

La grande délinquance se sert souvent de ces bandes pour recruter. La plupart des têtes de réseaux sont passées par ces bandes. Mais tous les membres de ces bandes ne finissent pas grands bandits. «En France, ce n’est pas comme à Los Angeles ou au Mexique. Nous ne sommes pas impactés par ces types de gang qui relèvent beaucoup plus de l’association de malfaiteurs à visée criminelle que de bandes. On n’a pas de bandes hyper-violentes, hyper-structurées et uniquement centrées sur la grande criminalité», poursuit Christian Hirsoil.

«En France, seules les bandes de motards violents du type Hells Angels ou Bandidos qui se livrent une guerre sur fond de trafics de stupéfiants, armes, extorsion de fonds, peuvent ressembler à ce qui existe outre-atlantique», conclut-il.

Interpellations

Un viol commis en réunion, sous la menace d’une arme ou d’un objet contendant, dans des endroits reculés et à l’abri des regards... Un individu, soupçonné d’avoir commis au moins trois viols sur des mineurs en un an à Noisy-le-Grand (93) selon ce mode opératoire a été incarcéré en fin de semaine dernière. Deux autres hommes avaient aussi été interpellés et placés en détention provisoire dans ces affaires. Selon les déclarations d’une des victimes interrogée par la police, ses agresseurs se «vantaient» d’appartenir à la bande des «Candy Shop», du nom d'un titre du chanteur de rap américain 50 Cent.