L'autorisation de griller les feux rouges pour les cyclistes dans certaines conditions est lancée à Paris, le 23 avril 2012.
L'autorisation de griller les feux rouges pour les cyclistes dans certaines conditions est lancée à Paris, le 23 avril 2012. - K. CRONA / 20 MINUTES

Enfourcher un vélo n’est pas toujours sans risque. Si la mortalité routière a baissé de 8% en 2012 en France d’après le bilan provisoire de l’année, dévoilé ce jeudi par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le nombre de cyclistes tués a lui, progressé de 10% l’an dernier (155 morts). Un chiffre préoccupant, même si les cyclistes n’ont représenté que 4% des tués sur les routes en 2012. Car ils sont la seule catégorie d’usagers dont la mortalité a progressé cette année.

Un problème de visibilité sur les routes

Depuis quelques années, la pratique du cyclisme a augmenté dans les grandes agglomérations, portée par le développement des systèmes de vélos en libre service et la volonté des maires de diminuer le trafic automobile en centre ville." En Ile-de-France, on est passé de 300 000 déplacements quotidiens à vélo en 2001 à 700 000 en 2010", rappelle Dominique Lebrun, coordonateur interministériel pour l'usage du vélo. Une progression qui a été de paire avec les risques encourus par les usagers de bicyclettes. «Les accidents de cyclistes sont liés à plusieurs causes: le non respect de la signalisation (feux, stop…) par certains d’entre eux, le tourne-à-gauche mal négocié par d’autres, la non prise en compte des cyclistes par les usagers motorisés (vitesse excessive, distance de sécurité non respectée, queue de poisson…), le défaut d’éclairage et de visibilité des usagers de vélos, notamment quand ils sont dans des angles morts», décrit Emmanuel Renard, directeur éducation et formation de l’association Prévention routière.

«Le principal problème réside dans le fait que les usagers n’ont pas bien appris à vivre ensemble. Tous les cyclistes doivent respecter le code de la route et les autres usagers doivent prendre conscience que les conducteurs de vélos sont vulnérables. Les automobilistes doivent savoir par exemple, qu’une distance minimale d’un mètre est nécessaire en ville pour doubler un vélo», ajoute Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière.

Prévention et contrôle

Pour réduire le nombre de cyclistes accidentés, tous deux s’accordent sur la nécessité de développer les campagnes d’information et de prévention à leur intention. L’association Prévention routière en a d’ailleurs prévu une en 2013, qui sera axée sur la visibilité des cyclistes. Pour Emmanuel Renard, il faut notamment insister sur l’importance d’un équipement spécifique pour les cyclistes: «Nous leur recommandons de porter un gilet de haute visibilité même le jour, ainsi qu’un casque. Par ailleurs, ils doivent vérifier que leur vélo est bien muni de bandes retro-réfléchissantes.»

Chantal Perrichon insiste aussi sur la nécessité d’augmenter les contrôles de cyclistes par les forces de l’ordre, lors que ceux-ci ne respectent pas le code de la route.Pour exemple, Strasbourg a recemment décidé de multiplier les contrôles de cyclistes et de verbaliser plus systématiquement leurs infractions au Code de la route, en leur infligeant des amendes moins chères qu'auparavant. Enfin, Dominique Lebrun souligne l’importance d’augmenter le nombre de pistes cyclables protégées. Des suggestions parmi d’autres, qui seront étudiées par le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) cette année, avant que des mesures soient prises pour améliorer la sécurité des cyclistes.

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