Nicolas Sarkozy lors des célébrations du 8-Mai 2012.
Nicolas Sarkozy lors des célébrations du 8-Mai 2012. - ERIC FEFERBERG / AFP

Maud Pierron

Outre l’affaire Karachi, dans laquelle Nicolas Sarkozy est visé par une enquête pour «violation du secret de l’enquête et de l’instruction» et «violation du secret professionnel», l’ex-chef de l’Etat est sous la menace d’autres dossiers judiciaire depuis qu’il est redevenu un simple citoyen.

Les sondages de l’Elysée
Une enquête préliminaire a été ouverte en novembre dernier sur ce dossier et la Cour de cassation a autorisé en décembre que des juges d’instructions soient saisis. Ils devront enquêter sur un contrat conclu sans appel d’offres en 2007 à hauteur d’1,5 million d’euros par an entre l’Elysée et publifact, la société de Patrick Buisson, qui était par ailleurs l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy. La plainte pour «favoritisme» et «détournement de fonds» de l’association Anticor est déposée «contre X» mais c’est bien l’ex-chef de l’Etat et ses proches qui sont dans le viseur. Anticor reproche qu’aucun appel d’offres n’a été passé mais également que ces sondages payés sur les deniers publics ne concernaient pas des problématiques de politique. Un sondage portait par exemple sur la perception par les Français de son mariage avec Carla Bruni, a révélé la Cour des comptes.

L’affaire Bettencourt
Nicolas Sarkozy a été entendu en novembre dernier par le juge Gentil dans le cadre de l’affaire Bettencourt, sur des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle de 2007. L’ex-chef de l’Etat est ressorti de cette journée d’audition à Bordeaux sous le statut de témoin assisté. Une bonne nouvelle pour lui, alors qu’il risquait une mise en examen. Ce statut lui permet d’avoir accès au dossier et il pourrait, au final, bénéficier d’un non-lieu. Mais il y a d’autres volets dans cette tentaculaire affaire Bettencourt dans lequel le nom de Sarkozy est évoqué. Il y a par exemple la piste de l’enrichissement personnel et celle d’éventuelles pressions sur la justice, et notamment sur le procureur Philippe Courroye, l’ex-procureur de Nanterre où était instruite l’affaire avant son dépaysement à Bordeaux. Le Monde avait en effet révélé que le chef de l’Etat avait rencontré le magistrat du siège à huit reprises, à des moments clés de l’instruction.

L’affaire Karachi
Outre le volet d’éventuelles pressions sur l’instruction, le nom de Nicolas Sarkozy est évoqué dans le cadre du volet financier de l’affaire Karachi. En effet, la piste de l’attentat perpétré en représailles à l’arrêt de rétrocommissions est désormais privilégiée par la justice. Or, ces rétrocommissions auraient pu servir à financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole. Sur le compte du candidat, dix millions de francs avaient été versés en espèces. Par ailleurs, il était également à l’époque ministre du Budget et c’est lui qui, à ce titre, a validé la création d’une société offshore au Luxembourg, Heine, par où auraient transité ces commissions suspectes. En 2010, la police luxembourgeoise a estimé que les accords sur la création de Heine «semblaient venir directement de M. le Premier ministre Balladur et de M. le ministre des Finances, Nicolas Sarkozy».

De présumés financements libyens
Une autre accusation de financement illégal a été portée contre la campagne de 2007 de Sarkozy. C’est Saïf al Islam, le fils du colonel Kadhafi, qui l’a lancée le 16 mars 2011, assurant détenir «la preuve» que les Libyens ont «financé sa campagne». Des preuves qui ne sont jamais venues, mais Mediapart a publié deux documents: le premier concerne un témoignage d’un ex-proche de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, selon lequel ce dernier a participé à des financements libyens pour la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy; le deuxième est une lettre dans laquelle le colonel Kadhafi donnerait son accord pour financer la campagne du candidat, à hauteur de 50 millions d’euros. Nicolas Sarkozy, qui a attaqué Mediapart pour «faux», a été ensuite attaqué par ce site d’informations pour «dénonciation calomnieuse». Début 2012, Ziad Takieddine, l’intermédiaire en armement franco-libanais mis en examen dans l’affaire Karachi, affirme détenir les preuves que la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy a été en partie financée par la Libye.