Georges Ibrahim Abdallah, 2010
 Georges Ibrahim Abdallah, 2010 - BOB EDME/AP/SIPA

Avec Reuters

La cour d'appel de Paris a accepté jeudi la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, condamné à perpétuité et emprisonné depuis 28 ans pour des assassinats, tout en soumettant cette décision à une expulsion vers le Liban, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette décision confirme une décision de première instance rendue fin novembre mais contestée par le parquet. La balle est maintenant dans le camp du ministère français de l'Intérieur, autorité compétente pour prendre un arrêté d'expulsion. L'ex-chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl) reste en détention pour l'instant.

Condamné pour complicité dans l'assassinat de diplomates

Emprisonné depuis 1984, le Libanais Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à perpétuité en 1987 pour complicité dans l'assassinat de deux diplomates en France, malgré des menaces d'attentats et les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé une peine de dix ans de réclusion. 

Alors que la défense estimait que sa démarche était politique, et accusait la France de se soumettre aux Etats-Unis, le parquet avançait un risque de «récidive" du condamné pour justifier son opposition à sa sortie de prison. Il soulignait que l'homme n'a pas indemnisé ses victimes et continue de revendiquer ses actions.

Considéré comme proche du régime iranien, il avait été reconnu coupable dans les dossiers des assassinats de l'Américain Charles Robert Ray et de l'Israélien Yacov Barsimantov en 1982 et de la tentative d'assassinat du consul américain à Strasbourg Robert Onan Homme en 1984.

13 morts dans une vague d'attentats en 1985 et 1986

La vague d'attentats de 1985 et 1986 à Paris, que l'Iran était soupçonné d'avoir inspirée et qui avait fait treize morts, avait pour but officiel de faire libérer Georges Ibrahim Abdallah et deux autres personnes, le Libanais Anis Naccache et l'Arménien Varoujian Garabedjian. En novembre 2003, Georges Ibrahim Abdallah avait déjà obtenu une décision de libération conditionnelle en première instance, annulée en appel.

L'ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles Rivkin, avait dit après la décision de première instance fin novembre "regretter" la décision du tribunal et espérer qu'elle serait annulée.