L'immeuble de Saint-Nazaire où une famille a vécu recluse pendant un à trois ans jusqu'au 5 janvier 2013.
L'immeuble de Saint-Nazaire où une famille a vécu recluse pendant un à trois ans jusqu'au 5 janvier 2013. - FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

M.P.

C’est la fin d’un long calvaire pour une famille de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce sont les sapeurs-pompiers de la ville qui ont fait cette découverte: appelés pour un malaise, ils découvrent samedi vers 3 heures du matin, six personnes recluses dans un appartement HLM insalubre, dans le quartier de la Trébale, rapporte Presse Océan.

«On pensait avec les autres voisins que la femme était partie avec ses enfants, on ne voyait plus que le monsieur», explique mercredi Pascale Le-Gall, la voisine du dessus de l'appartement numéro 5 du 55 route des Fréchets, dans le secteur ouest de Saint-Nazaire, dont la porte est désormais barrée de scellés de police.

Plus été vus depuis un à trois ans

C'est un appel aux pompiers dans la nuit de vendredi à samedi pour un malaise qui a entraîné la découverte, dans cet appartement rendu insalubre par l'humidité et les moisissures, de Dominique et Christine Barreteau, 51 et 47 ans, avec leurs quatre enfants de 14, 17, 19 et 20 ans, qui, selon des témoignages des voisins, n'avaient plus été vus depuis au moins un an.

Seul le père, qui apparaissait casquette vissée sur des cheveux mi-longs et ne répondait pas aux «bonjour», était encore vu par ses voisins, sortant les poubelles ou montant des courses.

D’après les premiers éléments de l’enquête, la mère de famille et les quatre enfants de 14, 17, 19 et 20 ans n’avaient plus été vus par les voisins depuis plus de trois ans. Seule le père de famille sortait, notamment pour faire les courses. Il enfermait alors sa famille grâce à des verrous posés à l’extérieur de l’appartement aux murs pleins de moisissures et remplis d’immondices, rapporte Ouest-France.

Une enquête a été ouverte

Le père de 51 ans a été interné dans un hôpital psychiatrique et les cinq autres membres de la famille ont été hospitalisés, alors que les enfants présentent des «retards de développement» selon France info.

Le parquet a ouvert une enquête pour soustraction à une obligation parentale. La mère a été placée en garde à vue lundi avant d’être relâchée pour rejoindre ses enfants. Les enquêteurs ont également entendu un cinquième enfant du couple, une fille qui ne résidait pas avec sa famille pour tenter de comprendre ce qui passé.

L’office HLM a par ailleurs expliqué à Presse Océan n'avoir eu «aucun signal d’alerte les concernant». Mais le conseil général de Loire-Atlantique, chargé de l'enfance, a précisé que la famille était «connue» de ses services.

Selon un porte-parole de Silène, l'office HLM de Saint-Nazaire, Benoît Delliaux, cet appartement a été loué il y a plus d'une dizaine d'année à cette famille pour un loyer de 350 euros (avant calcul de l'aide au logement) qui était toujours payé.

«Comme tout le monde, nous avons été bouleversés», a indiqué Benoît Delliaux lors d'un point presse devant l'immeuble blanc situé dans un quartier populaire, indiquant que «rien» ne pouvait laisser présumer la situation.

Problèmes d'odeurs

La visite annuelle du chauffe-eau par les services de Silène n'avait pas pu avoir lieu depuis deux ans, la porte n'ayant pas été ouverte à l'opérateur et une procédure était en cours, «mais nous n'avons pas eu trace d'un signalement concernant spécialement cette famille», a ajouté Benoît Delliaux.

Pourtant, la voisine du dessus a indiqué avoir signalé à plusieurs reprises des problèmes d'odeurs, au point qu'elle affirme s'être demandée «s'il n'y avait pas un mort dans cet appartement», ainsi qu'une visite effrayante «il y a plus d'un an» de son voisin du dessous, se plaignant de bruits et d'infiltrations venant de chez elle. Les voisins du dessous avaient pour leur part signalé en septembre des infiltrations venant du dessus mais les services HLM qui étaient venus n'avaient pas pu entrer en contact avec leur voisin.

Seule l'ampleur des courses alimentaires, toujours très importantes pour un homme que ses voisins croyaient seul, mais aussi des pleurs d'enfants entendus par les voisins du dessous auraient pu alerter.