Mariage pour tous: Les religions unies dans l'opposition

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Publié le 8 janvier 2013.

SOCIÉTÉ - Les représentants religieux n’appellent pas expressément à manifester dimanche, mais ont fait valoir leurs positions au cours des derniers mois...

Il y a fort à parier que les vœux de François Hollande aux autorités religieuses évoqueront, ce mardi, le projet de loi sur le mariage pour tous, qui doit arriver devant l’Assemblée depuis trois semaines. A six jours de la manifestation anti-mariage homo, le président devra tâcher de rassurer des représentants religieux qui, s’ils n’appellent pas à défiler, sont unanimement contre le texte.

Dalil Boubakeur, qui assistera aux vœux présidentiels ce mardi soir, a ainsi indiqué dans la matinée sur Europe 1 qu’il ne se rendrait pas à la manifestation de dimanche. Le président de la Grande Mosquée de Paris s’est en revanche livré à un numéro d’équilibriste, en expliquant que «la religion musulmane rejette formellement l’homosexualité condamnée dans les textes sacrés» tout en refusant que l’islam en France soit «taxé d’homophobie». 

Boubakeur «ne peut nier que l’homosexualité existe»

«Nous devons l’accepter, parce que c’est Dieu qui l’a créé», a-t-il développé. Ainsi, pas question de «culpabiliser» ou de «condamner» les musulmans homosexuels. «Ce n'est ni la faute des uns ni la faute des autres, mais c'est une réalité anthropologique, a-t-il poursuivi. Je ne peux pas nier que le fait existe, malgré les édictions religieuses. Cette réalité, je ne suis pas chargé par le bon Dieu de la modifier, de la condamner, et encore moins de la stigmatiser.»

Les catholiques, fortement mobilisés contre le projet de loi du gouvernement –le président des évêques de France, André Vingt-Trois, avait par exemple qualifié le mariage gay de «supercherie»-, se sont vus rejoindre par l’ensemble des représentants religieux français. En octobre 2012, le Grand Rabbin de France a publié un essai intitulé «mariage homosexuel, homoparentalité et adoption: ce que l’on oublie souvent de dire», dans lequel il explique les raisons de son opposition au texte.   

Les bouddhistes pour un référendum

«Ce qui pose problème (…), c’est le préjudice qu’elle causerait à l’ensemble de notre société au seul profit d’une infime minorité», conclut notamment Gilles Bernheim. Le document d’une vingtaine de pages présente un point de vue détaillé et les arguments développés sont désormais repris par l’Eglise catholique. Le Pape lui-même s’est appuyé sur l’essai lors de son discours à la Curie romaine, le 21 décembre.

La Fédération protestante de France désapprouve le projet de loi, jugeant qu’il «apporte de la confusion dans la symbolique sociale et ne favorise pas la structuration de la famille». Pour les orthodoxes, le Métropolite Joseph s'est prononcé en novembre pour «le retrait du projet de loi afin d'organiser un débat national sur le sujet». Quant aux bouddhistes, ils se déclarent favorables à un référendum sur le sujet car «il appartient à la population de décider».

Enora Ollivier
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