Mariage pour tous: «L'enseignement catholique a plusieurs façons de penser»

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Publié le 8 janvier 2013.

SOCIÉTÉ - Le directeur d'une école privée du Morbihan a confié à «20 Minutes» sa crainte d'être instrumentalisé par sa hiérarchie...

Le débat sur le mariage pour tous s'invite dans le programme des écoles privées. Mais au moment où l'enseignement catholique demande à ses ouailles de «prendre part, en conscience et avec clairvoyance, au débat qui doit enfin s'ouvrir», sur le terrain, ce n'est pas forcément aussi simple.

Un directeur d'école catholique à Pleucadeuc (Morbihan) vient d'ailleurs d'écrire à sa hiérarchie pour signifier son refus d'ouvrir le débat sur le mariage pour tous dans son établissement. Pourquoi? «Parce que je pense, et nous sommes plusieurs dans ce cas, que c'est un débat de société. Et que l'école n'a pas forcément à l'organiser», prévient Philippe Névé.

«Un lieu à protéger»

Ce dernier estime en effet «qu'on a suffisamment de choses à faire, avec notamment les modifications de rythmes scolaires» avant de faire entrer ce débat dans l'enceinte scolaire. «Un lieu à protéger», ajoute d’ailleurs le directeur de cet établissement de huit classes, allant de la maternelle au CM2.

Et puis, parce que l'école privée recouvre «des sensibilités différentes» et qu'elle doit être «ouverte à tous, pour que chacun puisse y trouver sa place», il a donc adressé ce courrier à la direction diocésaine du Morbihan. «Pour que l'on sache que l'enseignement catholique a plusieurs façons de penser», détaille Philippe Névé, qui redoute que cette obligation à se positionner conduise à «l'assimilation de toute l'école privée» contre le mariage pour tous.

Crainte de pressions

S'il n'a eu aucun retour de sa direction pour l'instant, Philippe Névé n'est pas dupe. «Ce serait étonnant de ne pas en avoir. C'est une démarche qui bouscule un peu», reconnaît-il.

Mais il n'est pas seul dans ce bras de fer, puisqu'il explique avoir eu «pas mal de retours de collègues, qui ne transmettront pas le courrier de leur hiérarchie à leurs élèves». Même si cela laisse «craindre que certains directeurs reçoivent des pressions», l'important ici «c’est la liberté de penser». 

Mathieu Gruel
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